Les terribles attaques, bien connus de tous, du 11 septembre 2001 restent ancrées dans les mémoires. Plusieurs questions furent posées à l'époque par les chercheurs. Pourquoi tant de haine contre les États-Unis d'Amérique ? Quels sont les véritables buts des terroristes ?
L'islam est-il compatible avec la modernité ? Et tant d'autres. Les derniers événements d'Irak et le retour en force de l'État islamique en Irak et au Levant nous invitent à analyser ce phénomène qui frappe en profondeur les sociétés islamiques et arabes. Cette mouvance, qui dépasse de loin la personnalité de son fondateur Oussama Ben Laden, constitue-t-elle une dimension profondément religieuse qui puise ses sources dans l'islam traditionnel ? Ou plutôt une nébuleuse nihiliste et anarchisante postmoderne ? Le salafisme jihadiste, arborant la lutte armée tous azimuts, se réclame du hanbalisme, afin de conférer une légitimité, une consistance historique et une rationalité à son discours. Au-delà du débat doctrinal et religieux concernant cette interprétation spécifique du texte divin, le jihadisme actuel tente de raser le monde moderne (de là on comprend pourquoi el-Qaëda attaqua les deux tours au lieu d'une cible militaire), jugé absurde et corrompu par le capitalisme (avec parfois reprise de la terminologie utilisée par la propagande soviétique). Mais, pour accomplir son dessein, il use volontiers d'outils technologiques de la globalisation capitaliste. Ce mouvement, pour reprendre l'expression de Deleuze et Guattari (Mille plateaux : capitalisme et schizophrénie, 1980), est fondamentalement « rhizomatique ». C'est-à-dire qu'à la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque... il n'est pas fait d'unité, mais de dimension ou plutôt de directions mouvantes. Il n'a ni commencement ni fin, mais procède par poussées permanentes en son milieu. Essentiellement amovible, le rhizome, désordonné et imprévisible, se déplace et se propage par « flux souterrains ». S'affranchissant progressivement de son fondateur et de tout contrôle étatique, le salafisme jihadiste s'est répandu à travers le monde, sous forme de nébuleuses terroristes. Il est devenu espace « déterritorialisé » qui favorise les circulations de flux, abritant une multiplicité d'organismes anarchiques. Sans doute, participe-t-il aujourd'hui d'un univers confus, appelé « communauté sans meneur », radicalement distincte des « foules conventionnelles » (Église et armée) analysées par Freud. En effet, à l'organisation stable des places différenciées et asymétriques du schéma freudien se substitue une foule « massifiée », au sens « arendtien », c'est-à-dire un ensemble d'individus rassemblés dans une organisation « rhizomorphe » et indifférencié qui, au lieu de s'agencer verticalement à partir d'un point d'exception (celui que vient occuper la figure du meneur dans les foules conventionnelles), se déploie horizontalement, de manière tentaculaire. C'est en cela que le mouvement jihadiste s'avère démesurément postmoderne, s'adaptant à la modalité du lien social en vigueur qui s'est progressivement et despotiquement imposée depuis quelques décennies. Le mouvement jihadiste n'est pas étranger au système Internet (le village global. Il constitue même une sorte de virus informatique) et à l'idéologie néolibérale (le marché global), modèle hégémonique de collectivité, qui fait l'apologie de la libre circulation de flux de la marchandise et de l'information. De même, l'éviction du tiers (récusé par le rhizome) cède la place à la relation duelle avec son cortège de violence et d'agressivité, donnant lieu à des énoncés sans auteur, sans père. Dans cette optique et selon Richard Labévière, rédacteur en chef à RFI, spécialiste des questions diplomatiques et expert du monde arabo-musulman, auteur de Les dollars de la terreur et auditeur à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), « on ferait mieux de s'intéresser aux configurations européennes de la confrérie des frères musulmans plutôt que de continuer à parler de piliers saoudiens ou européens d'une Qaëda qui n'existe pas ! » Ainsi, les mouvances jihadistes s'apparentent davantage à un nihilisme actif qu'à une faction religieuse. Un nihilisme d'après lequel le monde – et plus particulièrement l'existence humaine –,
est dénué de tout sens, de tout but, de toute vérité compréhensible ou encore de toute valeur. Ce nihilisme fut popularisé par Ivan Tourgueniev dans son roman Pères et Fils (1862) pour décrire à travers son héros, Bazarov, les vues de l'intelligentsia radicale russe émergente. Tel que le définit Tourgueniev, le nihilisme correspond à un positivisme radical. Le nihilisme désigna alors progressivement un mouvement politique de critique sociale apparu au milieu du XIXe siècle en Russie. Il évolua ensuite vers une doctrine politique n'admettant aucune contrainte de la société sur l'individu, et refusant tout absolu religieux, métaphysique, moral ou politique. En effet, par son fonctionnement rhizomorphe, le « nihilisme jihadiste » exclut catégoriquement l'impossible, condition pourtant nécessaire à l'édification culturelle et du lien social, nous dit Freud. Ces mouvances participent d'une posture anarchiste (c'est-à-dire le hors-la-loi). Elles incarneraient la mort d'Allah et seraient profondément antireligieuses, voire anti-islamiques. Abdennour Bidar avait déjà rédigé des ouvrages traitant de ce thème : L'islam face à la mort de Dieu, Actualité de Mohammad Iqbal (2010) et Comment sortir de la religion ? (2012). Il propose ici ce qu'il nomme une « désoccidentalisation de la sortie de la religion ». La religion fut, selon lui, « la matrice spirituelle de l'humanité ». Le moment de sortie de la religion, à partir de là, demande à être interprété comme « seconde naissance » de l'humanité, fin de sa longue gestation dans la matrice religieuse. Affirmer que l'EIIL résume le soulèvement sunnite en Irak et constitue le cœur de la dynamique de la pensée musulmane relève, dès lors, de la simplification pure et simple d'une situation extrêmement compliquée.
Peter et Dina GERMANOS


Que ces nihilistes coincés et conStipés laissent les Sains Paresseux syriens, irakiens et libanais 1 chouïa respirer, ils s’occuperont bien d’eux assez tôt ; i.e. quand leurs trois Printanières Arabes auront vaincu bientôt. Mais qu’ils les lâchent, nom d’1 de ces dieux ne serait-ce qu’un instant, avec leurs vaticinations, leurs prophéties de malheur dès qu’une circonstance fâcheuse vient contrarier l’espoir d’une embellie ! Que ces fanatiques Malsains s’étouffent tous avec leurs dénigrements éructant et leurs désespérantes prédictions vomies. Et qu’ils laissent les Libanais Sains partager avec les Sains Irakiens et Syriens des moments de paresse et d’allégresse d’autant plus poignants, qu’ils en avaient oublié la saveur depuis le départ du grand Hariri et l’arrivée du funeste fakkîh, de ce Déééïch dramatique et du drolatique et néfaste petit caporal ! Ils ont les bras levés au ciel, actuellement, les Sains sereins : Et ben, oui, ce bras levé vers ce ciel bleu de ces trois Kottor-contrées, de ce bleu méditerranéen, levantin et même mésopotamien, ils le dirigent non comme un vilain bras d’honneur, mais comme on lève 1 main pour esquisser un avenir enfin serein ! Pour eux, c’est comme si cette bouffée printanière de ces beaux printemps arabes s’offrait, hors saison, un petit revenez-y en Saine "fertile contrée". Un point d’orgue, en tout cas, après un parcours biais malaisé, mais en définitive sitôt réussi tant au Grand-Liban ici que là-bas en New Sœur-Syrie et Mésopotamie.
07 h 45, le 25 juin 2014