Le secrétaire d'État américain John Kerry a plaidé hier pour les « libertés » auprès du président Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l'armée ayant destitué l'islamiste Mohammad Morsi.
M. Kerry est le premier haut responsable américain à se rendre en Égypte depuis l'investiture à la présidence de M. Sissi il y a deux semaines. Arrivé au Caire pour une visite non annoncée de quelques heures, M. Kerry a dit à M. Sissi les craintes de Washington au sujet de la répression et des « tactiques » du gouvernement qui, selon les États-Unis, « divisent » la société. M. Kerry, selon qui la transition en Égypte était dans « un moment critique » du fait de « l'absence d'un espace pour l'opposition, les procès de masse et les condamnations à mort », a dit avoir insisté auprès des dirigeants égyptiens sur « l'application des droits et des libertés à tous les Égyptiens, notamment la liberté d'expression, de rassemblement et d'association ». « Nous avons également discuté du rôle essentiel d'une société civile active et d'une presse libre », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au Caire.
Sa visite intervient au lendemain de la confirmation de 183 condamnations à mort dont celle de Mohammad Badie, guide suprême des Frères musulmans (voir ci-contre), et à la veille du verdict dans le procès de journalistes d'al-Jazira accusés de soutenir la confrérie islamiste de M. Morsi. Dans cette affaire, les 20 accusés risquent de 15 à 25 ans de prison. Seize Égyptiens sont accusés d'appartenance à une « organisation terroriste » – les Frères musulmans –, et quatre étrangers d'avoir diffusé « de fausses nouvelles » en vue de soutenir la confrérie. Les accusés – dont le journaliste égypto-canadien Mohammad Fadel Fahmy, son confrère australien Peter Greste et l'Égyptien Baher Mohammad, sont détenus depuis près de 160 jours – dénoncent à chaque audience un procès « inique » et « politique », et des preuves « totalement fabriquées ». Ils ont des soutiens dans le monde entier et plusieurs médias ont lancé une campagne proclamant que « le journalisme n'est pas un crime ».
Un tiers de l'aide débloqué
À l'occasion de la visite de M. Kerry, des responsables américains ont annoncé que Washington avait débloqué 572 millions de dollars d'aide à l'Égypte il y a une dizaine de jours après avoir obtenu le feu vert du Congrès. Cette tranche représente un tiers de l'aide américaine à l'Égypte – 1,5 milliard de dollars, dont quelque 1,3 en aide militaire – qui avait été gelée en octobre. Washington l'avait conditionnée à la mise en place de réformes démocratiques, après la destitution du premier chef de l'État élu démocratiquement du pays.
En outre, a ajouté M. Kerry, les 10 hélicoptères Apache promis pour appuyer l'armée égyptienne, qui fait face à des attaques revendiquées par des jihadistes dans la péninsule désertique du Sinaï, seront « bientôt » au Caire. « Ces Apache sont focalisés sur le (...) terrorisme. Ils seront utilisés là où l'Égypte travaille très, très dur, de concert avec Israël et d'autres, avec nous afin de repousser ces terroristes », a-t-il insisté. L'Égypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec Israël, occupe une place stratégique dans la région et y est de longue date un allié de poids des États-Unis.
(Source : AFP)


LE KERRY... POUR LA DÉMO ! CRATIE... OU... PARTIE ?
19 h 34, le 24 juin 2014