Rechercher
Rechercher

Liban - Communautés

Bkerké dénonce implicitement le 8 Mars : Ne pas élire un président est contraire à la Constitution

La vacance présidentielle, centre d'attention des évêques maronites ; l'Église alarmée.

Photo de groupe des évêques maronites réunis hier autour du patriarche Raï à Bkerké.

La situation de crise dans laquelle la vacance de la fonction présidentielle a plongé le Liban a figuré à l'ordre du jour du saint-synode annuel de l'Église maronite, qui s'est achevé hier. L'absentéisme parlementaire des députés du 8 Mars y a été implicitement dénoncé. La réunion s'est tenue en présence des évêques maronites du monde entier et en deux temps : un temps de retraite (11-14 juin) et un temps de travaux (16-19 juin).
Dans son communiqué final, l'Assemblée des évêques maronites a considéré comme « inadmissible et dangereux pour la patrie que les députés s'abstiennent d'accomplir leur devoir électoral et de se rendre au Parlement comme le leur impose leur conscience nationale et le mandat qui leur a été confié par la population ». « D'autant plus dangereux, ajoutent-ils, que des bouleversements régionaux qui s'aggravent pourraient bouleverser la carte du Moyen-Orient et exposer certains de ses États à des effondrements dont le Liban ne pourra éviter les conséquences. »
Le communiqué souligne que les évêques présents appuient entièrement les positions exprimées par le patriarche à ce sujet, ainsi que « ses efforts inlassables pour pousser les députés à accomplir leur devoir ».
« S'abstenir d'élire un nouveau président de la République est, aux yeux du patriarche, une action contraire à la Constitution et au pacte national de vie commune et constitue, de par l'absence d'un chef au sommet des institutions, un danger pour l'unité, la sécurité et l'économie du pays, qui recule quand chancelle la confiance dans ses institutions. »

Le voyage en Terre sainte
Le saint-synode a par ailleurs donné au patriarche l'occasion d'exposer les points forts de son voyage pastoral en Terre sainte, d'abord pour y accueillir le Saint-Père, « venu dans la région en pèlerin d'une paix juste et globale », ensuite pour y effectuer une tournée pastorale auprès des maronites de Terre sainte et les populations ayant fui le Liban, après le retrait de l'armée israélienne en mai 2000.
Le patriarche s'est félicité des fruits d'une visite qui a été perçue par le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, comme « un appui précieux à la cause palestinienne, pierre d'angle de toute paix régionale et internationale ».
Il s'est également réjoui « d'une visite pastorale qui, pour la première fois, était conduite à un niveau ecclésiastique aussi élevé » et de « l'accueil ecclésial et populaire absolument sans précédent qui lui a été réservé de la part aussi bien des chrétiens que des musulmans vivant dans une coupure totale de leur environnement social et culturel ».
Enfin, le patriarche « a ranimé l'espoir » d'un règlement de la situation des Libanais poussés à l'exode en Israël dans une « réconciliation » qui leur permettra de rentrer chez eux.

Les drames sociaux
L'Assemblée des évêques a débattu par ailleurs de la situation sociale au Liban, exhortant les évêques à « remplir leurs devoirs envers les pauvres ». Ils ont également incité les responsables à « rendre justice aux enseignants et aux salariés de la fonction publique (...), tout en préservant l'équilibre économique du pays », sans oublier ceux qui ne bénéficient d'aucune couverture sociale.
L'Assemblée remercie Caritas-Liban pour ses efforts au service des catégories sociales nécessiteuses, sollicite des « fortunés » de la communauté l'exercice de la solidarité sociale et invite la communauté internationale à se solidariser avec les réfugiés syriens « dans l'espoir d'un prompt retour » de ces derniers dans leur patrie d'origine.

La guerre en Syrie et en Irak
Abordant avec inquiétude la guerre en Syrie et en Irak, l'Assemblée a exhorté « l'Orient tout entier à rompre la spirale de la violence (...) et à tenter de régler leurs conflits par des voies pacifiques avec comme objectif une réconciliation globale ».
Les évêques ont exprimé non seulement leur solidarité avec « ceux qui ont tout perdu », mais leur fierté de compter, parmi eux, ceux qui ont « offert leur vie comme témoignage de présence humaine et de citoyenneté juste », des prêtres, des religieux et des religieuses et de simples croyants.
Ils dénoncent toutes les violations de droit encourues aussi bien par les musulmans que par les chrétiens et réclament la libération de leurs frères évêques enlevés Boulos Yazigi et Youhanna Ibrahim.

Les séminaires maronites
Parmi les questions purement ecclésiales abordées figure l'harmonisation des formations assurées dans les séminaires de préparation au sacerdoce : Ghazir, Kafra (relevant de l'archevêché de Beyrouth), Karm Saddé (pour les vocations tardives) et Washington (pour les candidats des pays anglophones). Les évêques se sont réjouis d'apprendre que les candidats au sacerdoce à Ghazir sont au nombre de 130, et se sont félicités de ce que l'École maronite, à Rome, remplira sa fonction de mise en contact et de brassage des candidats maronites au sacerdoce venus de tous les horizons.
Par ailleurs, des questions d'ordre liturgiques et la situation des évêchés maronites au Liban et dans le monde ont été abordées.

La situation de crise dans laquelle la vacance de la fonction présidentielle a plongé le Liban a figuré à l'ordre du jour du saint-synode annuel de l'Église maronite, qui s'est achevé hier. L'absentéisme parlementaire des députés du 8 Mars y a été implicitement dénoncé. La réunion s'est tenue en présence des évêques maronites du monde entier et en deux temps : un temps de retraite (11-14 juin) et un temps de travaux (16-19 juin).Dans son communiqué final, l'Assemblée des évêques maronites a considéré comme « inadmissible et dangereux pour la patrie que les députés s'abstiennent d'accomplir leur devoir électoral et de se rendre au Parlement comme le leur impose leur conscience nationale et le mandat qui leur a été confié par la population ». « D'autant plus dangereux, ajoutent-ils, que des...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut