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Liban

Vague de réactions hostiles aux propos de Aoun

De nombreuses réactions hostiles ont été formulées hier, au sein du 14 Mars, aux propos tenus la veille par le chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, de « ne pouvoir garantir la sécurité de Saad Hariri que si je me  trouve à un poste de responsabilité ».

* Ahmad Fatfat, député de Denniyé (Futur), devant le Parlement : « La sécurité de Saad Hariri est liée à une situation régionale bien au-delà des capacités de Michel Aoun, sauf si ce dernier est en train d'accuser ses alliés. (...) Nous avons appelé Aoun à présenter son programme et sa candidature, il a proposé hier la vie de Hariri en échange de la présidence. »

* Marwan Hamadé, député du Chouf (Bloc démocratique), devant le Parlement : « Nous savons tous, et Hariri en premier, que Aoun ne peut garantir la sécurité de personne, pas même la sienne. Comment pourrait-il alors assurer celle de Hariri ? Cette proposition se moque de la sécurité en général et de celle de Hariri en particulier. Elle ne facilitera pas la dynamisation des contacts entre le Futur et Aoun. »

* Boutros Harb, ministre des Télécoms, lors de sa conférence de presse, hier, au ministère : « En tant qu'avocat, homme politique, responsable et ministre, j'ai été très étonné par ces propos émanant de la bouche d'un des leaders politiques libanais. C'est comme s'il disait qu'il détenait des informations concernant ceux qui ont tué et comme s'il était capable de les empêcher de tuer. Cela est dangereux. J'appelle le parquet à se rendre immédiatement chez le général Aoun et à prendre sa déposition pour recueillir les informations qu'il détient concernant les assassins de Rafic Hariri, Gebran Tuéni, Pierre Gemayel et la personne qui a tenté d'assassiner Boutros Harb. Si le général Aoun détient de telles informations, je souhaite qu'il les remette entre les mains de la justice libanaise afin que ses propos ne soient pas interprétés comme une tentative de semer la terreur en fonction de l'équation suivante : "Si vous m'élisez président, j'empêcherai les meurtres de vous atteindre, et vous pourrez, vous Saad Hariri, retourner au Liban et y vivre, puisque je vous assurerai votre sécurité et votre sûreté." Comme s'il pouvait donner une police d'assurance. »

* Moustapha Allouche, ancien député du Futur, à l'agence al-Markaziya : « Celui qui peut garantir la sécurité des Libanais, c'est soit qu'il a de l'influence sur ceux qui portent atteinte à la sécurité des Libanais, soit qu'il peut imposer l'autorité de l'État et son prestige. Dans le premier cas, Aoun est en train d'accuser ses alliés d'être à l'origine des opérations sécuritaires. Dans le second, il annonce qu'il va faire face aux milices armées, c'est-à-dire ses alliés. Je suis convaincu que le général Aoun cache quelque chose au fond de lui et qu'il attend de le mettre à exécution lorsqu'il arrivera au pouvoir. C'est pourquoi ses alliés, notamment le Hezbollah, ont peur d'endosser sa candidature à la présidence. Ils savent qu'il pourrait cacher quelque chose concernant les armes miliciennes. (...) La question n'est pas de garantir la sécurité de Saad Hariri, mais de respecter les pactes, la Constitution et les principes de la souveraineté et de l'indépendance du pays. Le général Aoun respecte-t-il la déclaration de Baabda qu'il a signée ? Est-il prêt à dire au Hezbollah qu'il est temps que ce dernier remette ses armes à l'État ? Est-il à même de lui demander de rentrer de Syrie ? Nous n'avons pas de réponse à ces questions pour l'instant. Aoun sait très bien qui menace la sécurité au Liban. (...) Nous n'avons jamais vraiment fondé d'espoir sur le dialogue avec Aoun, mais il est important de savoir où va son allégeance. Il voulait s'infiltrer à Baabda en misant sur le fait que Saad Hariri abandonnerait ses alliés, quand bien même il savait que cela était impossible. »

*Jamal Jarrah, député de la Békaa-Ouest (Futur) : « Ces propos sont vrais, courageux et sans équivoque. Ils prouvent que ceux qui menacent et assassinent sont les alliés de Aoun. Partant, s'il arrivait à la présidence, il pourrait avoir suffisamment d'influence sur ses alliés pour garantir la sécurité de Hariri. Mais la pression sécuritaire sur Hariri est inutile : cela le rend encore plus attaché à ses options. »

* Atef Majdalani, député de Beyrouth (Futur), devant le Parlement : « J'attendais de Aoun qu'il annonce officiellement sa candidature, qu'il présente son programme et sa vision du Liban, qu'il se pose en candidat consensuel (...). Nous n'avons rien vu de tout cela. Mais il a affirmé (...) qu'il garantirait la sécurité de Saad Hariri. Nous lui en sommes gré, mais comment? Il pourrait le faire s'il était élu président, et sinon, il assisterait aux tentatives d'assassinat ? Ensuite, s'il est élu président, il discutera avec ses alliés pour garantir la sécurité de Hariri ? En d'autres termes, les responsables d'un éventuel assassinat de Saad Hariri ou ceux qui mettent en danger sa sécurité sont les alliés de Aoun. »

De nombreuses réactions hostiles ont été formulées hier, au sein du 14 Mars, aux propos tenus la veille par le chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, de « ne pouvoir garantir la sécurité de Saad Hariri que si je me  trouve à un poste de responsabilité ».
* Ahmad Fatfat, député de Denniyé (Futur), devant le Parlement : « La sécurité de Saad Hariri est liée à une situation régionale bien au-delà des capacités de Michel Aoun, sauf si ce dernier est en train d'accuser ses alliés. (...) Nous avons appelé Aoun à présenter son programme et sa candidature, il a proposé hier la vie de Hariri en échange de la présidence. »
* Marwan Hamadé, député du Chouf (Bloc démocratique), devant le Parlement : « Nous savons tous, et Hariri en premier, que Aoun ne peut garantir la sécurité de personne, pas...
commentaires (3)

De tels propos venant de la bouche d'un député auraient, en principe, conduit a la levé de son immunité parlementaire, puis inculpé et arrêté pour obstruction a la justice et soustraction d'informations susceptibles d'aider le cours des investigations. Ceci fait, son nom se doit d’être inscrit sur les potentiels complices des assassinats commis contre Hariri et tous les autres et donc conduit devant le TSL pour les accusations ci haut mentionnées. Il ne va pas sans dire que son parti doit être fermé et banni de la vie politique. J'oubliai seulement que nous sommes au Liban et non pas dans une démocratie.

Pierre Hadjigeorgiou

09 h 43, le 19 juin 2014

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Commentaires (3)

  • De tels propos venant de la bouche d'un député auraient, en principe, conduit a la levé de son immunité parlementaire, puis inculpé et arrêté pour obstruction a la justice et soustraction d'informations susceptibles d'aider le cours des investigations. Ceci fait, son nom se doit d’être inscrit sur les potentiels complices des assassinats commis contre Hariri et tous les autres et donc conduit devant le TSL pour les accusations ci haut mentionnées. Il ne va pas sans dire que son parti doit être fermé et banni de la vie politique. J'oubliai seulement que nous sommes au Liban et non pas dans une démocratie.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 43, le 19 juin 2014

  • QUE N'AVAIT-IL MORDU SA LANGUE... AVANT DE LANCER LA BOURDE PRÉTENDUE SÉCURITAIRE ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 26, le 19 juin 2014

  • Comment peut-on ne pas "cracher le petit cailloux" de la vérité devant un tel fait. Le général Aoun, qui décide soudain qu'il est le "seul candidat consensuel" (!) à la présidence de la République, dîne à Bkerké lundi avec le patriarche et deux dizaines d'évêques. Il doit en être sorti encore plus "inspiré", puisque mardi soir sur sa chaîne OTV, le voilà déclarant solennellement à l'adresse de Saad Hariri en exil, car menacé d'assassinat : "si vous appuyez ma candidature, je garantis votre sécurité, sinon je ne peux rien faire". C'est alors un branle-bas dans le monde politique et celui du commun des mortels. Une grande stupéfaction et un même commentaire sur toutes les lèvres : mais c'est un chantage et une menace à Hariri ! Comment le général peut-il s'y laisser aller ? Il confirme donc qu'il connaît bien les assassins qui ont perpétré tant d'assassinats dans ce pays ! Il confirme que ce sont bien ses alliés mêmes ! Hier soir (DERNIERES INFOS - 21h46) l'allié du général et gâté de la famille Assad, Sleimane Frangié, fait empirer les choses. Sur la NBN il déclare solennellement : "Il n'y aura pas au Liban un président qui ne bénéficie pas du soutien du président Assad", soit de l'assassin du peuple syrien et qui vient d'appuyer la candidature du général ! Vous avez dit des leaders maronites !

    Halim Abou Chacra

    05 h 31, le 19 juin 2014

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