Une clôture en fer et même des barbelés pour couper les habitants de Beyrouth de l’une des dernières plages intactes de leur ville. Photo fournie par la campagne civile pour la protection de Dalyeh
Une fois de plus, la campagne civile pour la protection de Dalyeh-Raouché a organisé un sit-in dimanche dernier pour demander que soit préservée cette plage encore intacte. Rappelons que des sociétés privées envisagent de construire un grand projet sur cette plage qui a, jusque-là, servi de port de pêcheur à des familles beyrouthines, une plage ouverte au public et que les habitants de la capitale fréquentent traditionnellement. Depuis quelques semaines, les sociétés en question ont fermé l'accès au site par une clôture en fer, sur laquelle les militants avaient posé dimanche une pancarte avec les mots : « Raouché n'est pas à vendre. »
Dans son communiqué, la campagne, qui comprend plus de 70 associations, demande au ministre de l'Environnement Mohammad Machnouk d'œuvrer en vue de la promulgation d'une loi, ou du moins un décret du Conseil des ministres, qui classe toute la région de Raouché et de Dalyeh comme une même réserve naturelle ou un site naturel. « Il faut considérer ces sites comme un même ensemble à protéger et à préserver tels quels », souligne le communiqué. Et d'ajouter : « Il faut rouvrir le site au public, déterminer la superficie exacte à protéger et éviter de bloquer la vue à un quelconque point. »
Les signataires du document ont demandé au ministre de l'Environnement d'envoyer une lettre à tous les ministères et toutes les administrations concernées, les municipalités incluses, en vue de leur demander de respecter le code de l'environnement (loi 444) et ses décrets exécutifs en ce qui concerne la zone 10 de Beyrouth (qui comprend, en gros, Raouché et Ramlet el-Baïda). Ils demandent que le statut de cette partie de la côte redevienne conforme aux lois de 1954, c'est-à-dire qu'elle soit protégée en tant que « site important aux niveaux de l'environnement, du patrimoine et de l'histoire ». En clair, ils revendiquent que « soient effacées toutes les traces des travaux commencés sur le port de pêcheurs (actuellement suspendus) et des travaux plus récents qui ont déjà fait des dégâts environnementaux considérables ». Ils espèrent également que « les énormes blocs de béton disposés sur la plage seront déplacés ». Enfin, ils ont appelé le ministre de l'Environnement « à ne pas approuver une quelconque augmentation du coefficient d'exploitation dans la zone 10 ».

