Rechercher
Rechercher

Économie - France

Grève SNCF : la CGT peine à trouver une sortie honorable au conflit

La réforme ferroviaire désormais aux mains du Parlement.

Des manifestants ont brièvement bloqué des voies en gare Montparnasse, hier. William Delaporte/AFP

Une grève de cheminots impopulaire, de moins en moins suivie sauf par une partie de la base toujours très déterminée : la CGT cherche une sortie honorable du bras de fer avec le gouvernement sur la réforme ferroviaire désormais aux mains du Parlement.
Au septième jour hier du mouvement à l'appel de la CGT et de SUD-Rail, la participation était stabilisée à 14 %, presque deux fois moins que le premier jour du mouvement mercredi dernier. La grève, qui se poursuivra aujourd'hui, est désapprouvée par trois Français sur quatre, selon un sondage Harris Interactive
« Sept jours de grève, avec les salaires qu'ont les cheminots, ça pèse forcément », a reconnu hier le numéro un de la CGT Thierry Lepaon qui rappelle que les grévistes vont voir leurs salaires amputés de « sept, huit jours de grève ».
Le risque d'enlisement du conflit face à un gouvernement qui est resté droit dans ses bottes a conduit la CGT à « préparer une sortie de crise avant que le mouvement s'effrite », estime auprès de l'AFP Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail.
Selon un haut cadre de la CGT, « il y aura probablement un amendement » favorable aux demandes de la CGT, lors des débats parlementaires qui se sont ouverts hier sur la réforme ferroviaire, et « qui permettra de ne pas perdre la face ». « Ce sera peut-être une porte de sortie. »
Mais, confie-t-il à l'AFP, rien n'est sûr, car « plus le bras de fer dure, plus ça devient dangereux, chaque partie voulant éviter de perdre la face ».

« L'image de la CGT prend un sérieux coup »
À la CGT, selon lui, « on s'interroge sur la stratégie » suivie par le numéro un de la CGT-Cheminot, Gilbert Garrel, qui « s'est laissé embarquer par SUD-Rail dans une grève reconductible » au lieu d'une « grève de 24 heures, comme coup de semonce, et des préavis de grève les jours du débat parlementaire » pour obtenir des modifications de la réforme.
« Il y a aussi des interrogations sur la capacité de la confédération de nous sortir de l'impasse », car « c'est l'image de la CGT qui est en train de prendre un sérieux coup », regrette ce cadre.
Pour le secrétaire d'État aux Transports, Frédéric Cuvillier, la CGT-Cheminot « hésite aujourd'hui entre une attitude réformiste et la radicalisation ». Luc Bérille, numéro un de l'UNSA, a dénoncé une « course à l'échalote » entre la CGT et SUD-Rail.
La CGT a d'autant plus de mal à gérer la sortie de crise que la base, en particulier le personnel roulant, conducteurs et contrôleurs, est hypermobilisée.
La CGT n'est « pas du tout » débordée par la base, a assuré hier M. Lepaon. Toutefois jeudi dernier, à l'issue d'une entrevue avec M. Cuvillier, Gilbert Garrel avait jugé l'« échange constructif », avant de durcir le ton dans la soirée, appelant à amplifier la grève, poussé par une base très remontée.
Hier, le mouvement s'est encore radicalisé : des manifestants ont brièvement bloqué des voies en gare Montparnasse, tandis qu'à Lille 200 militants de la GGT et de SUD-Rail occupaient pendant une heure le hall de l'hôtel de ville pour demander le soutien de la maire Martine Aubry. Les cheminots grévistes ont aussi tenté une jonction avec le mouvement des intermittents du spectacle qui, à l'appel notamment de la CGT, rejettent la nouvelle convention d'assurance chômage. Des cheminots CGT et SUD étaient présents lundi à la manifestation des intermittents au Palais royal et ont participé aussi à leur assemblée générale dans la soirée, où ils ont été applaudis.
De son côté, Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle, est venu mardi soutenir les cheminots lors de leur rassemblement sur l'esplanade des Invalides. « Il y a une politique d'austérité qui tape très fort sur les services publics et sur les droits sociaux » et « ça produit les mêmes effets dans la culture comme à la SNCF », a-t-il déclaré à l'AFP.

Une grève de cheminots impopulaire, de moins en moins suivie sauf par une partie de la base toujours très déterminée : la CGT cherche une sortie honorable du bras de fer avec le gouvernement sur la réforme ferroviaire désormais aux mains du Parlement.Au septième jour hier du mouvement à l'appel de la CGT et de SUD-Rail, la participation était stabilisée à 14 %, presque deux fois moins que le premier jour du mouvement mercredi dernier. La grève, qui se poursuivra aujourd'hui, est désapprouvée par trois Français sur quatre, selon un sondage Harris Interactive« Sept jours de grève, avec les salaires qu'ont les cheminots, ça pèse forcément », a reconnu hier le numéro un de la CGT Thierry Lepaon qui rappelle que les grévistes vont voir leurs salaires amputés de « sept, huit jours de grève ».Le risque...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut