Rechercher
Rechercher

Liban - Rome, De Scarlett Haddad

Conférence de soutien à l’armée ce matin à Rome, un message d’appui au Liban

C'est sur fond d'orages inhabituels en ce mois de juin que la capitale italienne accueille aujourd'hui la conférence de soutien à l'armée, la troisième depuis la décision prise par le comité de contact international créé à New York, sous la houlette de l'ONU pour aider le Liban.

 

Aussi bien la délégation libanaise à cette conférence présidée par le ministre de la Défense Samir Mokbel (avec pour membres le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, le général Maroun Hitti, le colonel Achraf Kabbara et l'ambassadeur Charbel Wehbé) que les responsables au ministère italien des Affaires étrangères affirment que cette conférence est plus « politique » que celles qui l'ont précédée. Autrement dit, les questions techniques ne seront pas réellement abordées, mais il sera surtout débattu du contexte politique à la fois local et régional.

D'ailleurs, cette conférence regroupera des représentants de 43 pays, le cercle des amis du Liban ayant été élargi, à la demande du ministre Bassil, à de nouveaux pays comptant d'importantes communautés libanaises et donc susceptibles de s'intéresser à la situation libanaise, comme par exemple le Brésil et l'Argentine. Assisteront aussi à la conférence l'ancien secrétaire d'État américain adjoint Jeffrey Feltman, en tant que représentant de l'ONU, Dereck Plumbly, en tant que représentant du secrétaire général des Nations unies au Liban, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, en plus des ministres italiens de la Défense Roberta Pinotti et des Affaires étrangères Federica Mogherini, secondées par leurs équipes respectives et par l'ambassadeur d'Italie au Liban Giuseppe Morabito.

L'autre élément nouveau de cette conférence est que les pays participants ne seront pas représentés par leurs ministres des Affaires étrangères. Interrogé sur la question, le ministre libanais de la Défense Samir Mokbel, arrivé hier à Rome, n'y voit pas un désintérêt de la part de ces pays de la situation libanaise ni l'affaiblissement du soutien international au Liban et à son armée. Bien au contraire, Mokbel affirme que le soutien est en train de se concrétiser et si les ministres des Affaires étrangères ne seront pas au rendez-vous, c'est parce qu'en cette période mouvementée, les réunions sont multiples et les rendez-vous se chevauchent.

 

Des tours de contrôle aux frontières avec la Syrie
Mokbel estime aussi qu'avec les récents développements en Irak et la menace de plus en plus précise que représente l'organisation EIIL (État islamique en Irak et au Levant, alias Daech), ainsi que le poids grandissant des réfugiés syriens au Liban, la communauté internationale est plus convaincue que jamais de l'importance de soutenir l'armée libanaise afin de préserver la stabilité au Liban. Il est donc impératif de permettre à l'armée libanaise de surveiller les frontières et d'empêcher les passages clandestins d'hommes et d'armes. C'est dans ce but, dit-il, que le gouvernement britannique a commencé à aider le Liban dans la construction de tours de contrôle le long de la frontière avec la Syrie, ces tours ayant pour mission d'effectuer « une surveillance croisée », qui ne laisse échapper aucun angle, aussi caché soit-il. Mokbel refuse de donner plus de détails car ils font partie des données militaires qui doivent rester secrètes. Mais il précise que ces tours de contrôle ne seront pas installées à la frontière avec Israël.


En même temps, la surveillance seule ne suffit pas. Il faut aussi donner à l'armée les moyens d'arrêter les clandestins et le passage des armes s'ils sont décelés. C'est pourquoi l'armée libanaise compte demander de nouveaux hélicoptères, des véhicules blindés et tous les équipements nécessaires pour remplir avec succès sa mission. Le ministre de la Défense explique que l'armée libanaise a pris son temps pour bien étudier ses besoins et elle présentera ses listes à la France, qui à son tour communiquera les factures à l'Arabie saoudite qui passera à la caisse. Il dément ainsi toutes les rumeurs malveillantes qui ont circulé sur le don saoudien concernant l'équipement de l'armée. Il répète que l'idée est de permettre au Liban de préserver sa stabilité et de défendre ses frontières terrestres, maritimes et aériennes. Certes, pour l'instant, l'Allemagne aide le Liban dans le contrôle des frontières maritimes mais il doit lui aussi être en mesure d'assurer cette mission.
En somme, Mokbel explique que sur le plan technique, les préparatifs vont bon train. C'est pourquoi la conférence qui s'ouvre aujourd'hui à Rome a un caractère essentiellement politique. Elle doit commencer à 10h (heure de Rome) par une séance d'ouverture au cours de laquelle les ministres libanais et italiens prendront la parole en plus de MM. Dereck Plumbly et Nabil al-Arabi, avant de se poursuivre par une séance à huis clos et aux alentours de 14 heures, les résolutions seront publiées avant la conférence de presse traditionnelle.

 

Investir au Liban
Au ministère italien des Affaires étrangères, situé à l'écart du centre de Rome, dans un coin particulièrement verdoyant, les préparatifs de la conférence vont bon train. Celle-ci se tiendra dans la grande salle de conférence du ministère et les responsables ne cachent pas leur intérêt pour la situation libanaise. Comme l'a déclaré hier au cours d'un forum de réflexion et d'échanges sur le Liban et le Moyen-Orient, organisé au ministère, l'ambassadeur Morabito. « Le Liban est plus proche de l'Italie que l'Ukraine. » C'est pourquoi l'Italie souhaite s'investir un peu plus au Liban, notamment dans le cadre de l'Union européenne, d'abord parce que ses liens avec le Liban sont étroits, ensuite à cause de la Finul et ensuite parce qu'elle se sent concernée par tous les développements autour de la Méditerranée. Même si, jusqu'à présent, l'Italie ne s'est découvert qu'un seul « jihadiste » en Syrie, elle suit de près les développements en Irak et considère avec sérieux la menace des groupes extrémistes non seulement pour la région mais aussi pour l'Europe. Une source diplomatique italienne précise ne cache pas ainsi son inquiétude face aux développements en Irak et relève le fait que les États-Unis ont largement et solidement équipé l'armée irakienne. Malgré cela, le groupe EIIL, affilié à el-Qaëda, lui a porté un coup grave à Mossoul, dans la province de Ninive et dans d'autres régions irakiennes. Ce qui montre bien que les équipements aussi importants soient-ils ne suffisent pas s'ils ne sont pas soutenus par une décision et un projet politique. D'où l'importance d'une conférence comme celle qui se tient aujourd'hui et qui confirme avant tout le soutien de la communauté internationale à la stabilité du Liban.

 

Lire aussi

14 et 8 Mars interprètent différemment l'avancée de Daech en Irak

Pour mémoire

Le Liban mobilise la Ligue arabe pour la conférence d'appui à l'armée demain à Rome

Une cellule de crise à titre préventif pour éviter les retombées du chaos irakien ?

C'est sur fond d'orages inhabituels en ce mois de juin que la capitale italienne accueille aujourd'hui la conférence de soutien à l'armée, la troisième depuis la décision prise par le comité de contact international créé à New York, sous la houlette de l'ONU pour aider le Liban.
 
Aussi bien la délégation libanaise à cette conférence présidée par le ministre de la Défense Samir Mokbel (avec pour membres le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, le général Maroun Hitti, le colonel Achraf Kabbara et l'ambassadeur Charbel Wehbé) que les responsables au ministère italien des Affaires étrangères affirment que cette conférence est plus « politique » que celles qui l'ont précédée. Autrement dit, les questions techniques ne seront pas réellement abordées, mais il sera surtout débattu du contexte...
commentaires (3)

TOUS CES GÉNÉRAUX SONT DEVENUS DEPUIS PRÉSIDENTIABLES.

Gebran Eid

13 h 31, le 17 juin 2014

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • TOUS CES GÉNÉRAUX SONT DEVENUS DEPUIS PRÉSIDENTIABLES.

    Gebran Eid

    13 h 31, le 17 juin 2014

  • DES MILLIARDS ENCORE DES MILLIARDS TOUJOURS DES MILLIARDS JE N'Y COMPREND PLUS RIEN SURTOUT EN POLITIQUE LIBANAISE ???? NOTRE "GRANDE" ARMEE DEPUIS L'ETABLISSEMENT DU "GRAND" LIBAN A ETE LA "GRANDE" ABSENTE SUR LA DEFENSE DU "PETIT" LIBAN. DANS UN PHENOMENE DE SYMBIOSE,UNIQUE LA DEFENSE DU TERRITOIRE, A ETE ADJUGE RECEMENT AU TRIUMVIRAT HEZBOLLAH- FINUL- ARMEE,CETTE DERNIERE RECONUE COMME LOGISTIQUE DES DEUX PREMIERS CETTE SAINTE TRINITE A TRES BIEN FONCTIONE PENDANT PLUSIEURS ANNEES AU GRAND DAME DU PEUPLE QUI NE COMPREND PLUS POURQOUI IL PAYE ENCORE DES MILLIARDS DE TAXES SUR UN INVESTISSEMENT STERILE POUR NE PAS DIRE ALEATOIRE LES ANNEES 50 ON L'APPELAIT "LA GRANDE MUETTE" DEPUIS CES MESSIEURS EN UNIFORMES SURTOUT LES DEFROQUES PARMI EUX SONT DEVENUS LES GRANDES STARS DES TALKS SHOWS.IL NE SE PASSE PAS UN SEUL JOUR OU ILS NE SONT PAS LES VEDETTES DE POLITIQUE POLITICIENNE BIEN LIBANAISES. ILS REMPLISSENT PAS SEULEMENT LES ECRANS ,MEMES LES COULISSES EN DEBORDENT DE LEUR GENIE PAS DU TOUT MILITAIRE...MAIS ILS SE SONT BIEN DEBROULLE EN CHARGANT LE HEZB ET L'ONU DE DEFENDRE LE PAYS. CES MILLIARDS ENCORE CES MILLIARDS TOUJOURS CES MILLIARDS SERAIENT MIEUX INVESTIS EN RESSOURCES HUMAINES

    michel raphael

    09 h 49, le 17 juin 2014

  • Pourvu que les petitesses politiques locales ne gâchent pas tout cela...

    CBG

    06 h 17, le 17 juin 2014

Retour en haut