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Liban - La Situation

La chute de Mossoul, un avertissement implicite aux présidentiables

Aux mille et une raisons pour lesquelles un nouveau président doit être élu s'ajoute désormais, avec l'invasion de l'Irak par les groupes armés jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), une raison encore plus pressante.

 

Qu'ils soient ministres des Affaires étrangères ou de la Défense, interrogés sur le Liban, les responsables américains et européens croisés au passage répondent invariablement que le blocage de l'échéance présidentielle par des maronites – arrivistes, calculateurs et ambitieux – est désormais « suicidaire ».
Vingt-quatre jours après la fin du mandat présidentiel de Michel Sleiman, la persistance de l'impasse, alors que l'Irak s'embrase et que la citoyenneté irakienne s'effrite, pour être remplacée par le jihadisme sunnite ou chiite, relève de la plus grande irresponsabilité.


« Vendredi dernier, à Londres, c'est William Hague qui le disait à Gebran Bassil, quelques jours auparavant John Kerry le disait à Beyrouth à qui voulait l'entendre, l'ambassadeur de France Patrice Paoli transmettait à Nabih Berry et Gebran Bassil un message similaire de son gouvernement, et aujourd'hui, Gebran Bassil l'entendra à nouveau à Rome, en marge de la conférence d'appui à l'armée libanaise qui s'y tient », affirme notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane.
Cité par Fleyhane, l'ambassadeur d'un pays européen membre du groupe d'appui au Liban assure, de son côté, avoir mis en garde, à de multiples reprises, contre l'infiltration au Liban de combattants jihadistes. Et d'offrir son propre pays en exemple, précisant que quelque 800 islamistes européens ayant combattu en Syrie, et rentrés dans leurs pays, ont été placés sous surveillance, de crainte qu'ils ne se transforment en agents « dormants ». « Combien plus quand ces jihadistes rentrent au Liban ! », a ajouté le diplomate cité.

 

Baisse de crédibilité
Un responsable libanais met en garde, de son côté, contre la baisse de crédibilité internationale du Liban, à mesure que la crise interne se prolonge et que les Libanais pataugent. Ne rien attendre des États-Unis avant juillet ne signifie pas non plus que quelque chose se produira nécessairement après juillet, ajoute le responsable, rappelant une phrase attribuée à John Kerry. « L'Iran semble vouloir prendre son temps et les États-Unis le lui accorderont », ajoute-t-il. Combien de temps encore faudra-t-il laisser le Liban dériver, tributaire du bon vouloir d'une puissance étrangère ?


Pour une source ecclésiastique, la chute de Mossoul est bien plus grave que celle de Maaloula, en Syrie. C'est rien moins que la faillite de la citoyenneté irakienne, un pas en direction de la partition de la région et, en tout cas, la fin de tout espoir de paix dans un avenir prévisible.
Et la source de rapporter qu'en quittant Mossoul à bord d'un véhicule mis à leur disposition par les groupes armés, une petite communauté religieuse qui avait d'abord songé à rester s'est rendue chez ses voisins sunnites, pour leur faire ses adieux. Et leur voisine, une gentille dame, de les saluer avec cette phrase terrible : « Nous n'avons pas peur. Nous sommes Daech. » Ce n'est pas un corps étranger qui a pris possession de Mossoul, mais une population humiliée qui prenait sa revanche.
Oui, combien de temps les maronites vont-ils encore laisser le Liban-message se déliter, tandis que les fanatismes sunnite et chiite se renforcent l'un l'autre ?

 

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Aux mille et une raisons pour lesquelles un nouveau président doit être élu s'ajoute désormais, avec l'invasion de l'Irak par les groupes armés jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), une raison encore plus pressante.
 
Qu'ils soient ministres des Affaires étrangères ou de la Défense, interrogés sur le Liban, les responsables américains et européens croisés au passage répondent invariablement que le blocage de l'échéance présidentielle par des maronites – arrivistes, calculateurs et ambitieux – est désormais « suicidaire ».Vingt-quatre jours après la fin du mandat présidentiel de Michel Sleiman, la persistance de l'impasse, alors que l'Irak s'embrase et que la citoyenneté irakienne s'effrite, pour être remplacée par le jihadisme sunnite ou chiite, relève de la plus grande...
commentaires (1)

Disons plutôt : "Oui, combien de temps les Libanais Sains vont-ils encore laisser le Liban-message se déliter, tandis que les fanatismes sunnite, chiite et maronite se renforcent l'un l'autre ?".

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 28, le 17 juin 2014

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Commentaires (1)

  • Disons plutôt : "Oui, combien de temps les Libanais Sains vont-ils encore laisser le Liban-message se déliter, tandis que les fanatismes sunnite, chiite et maronite se renforcent l'un l'autre ?".

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 28, le 17 juin 2014

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