En Égypte, hier ne peut pas être demain

L’armée égyptienne : un État dans l’État ?

OLJ
16/06/2014

Si les trois années révolutionnaires ont été riches en rebondissements politiques et en manifestations populaires, il semblerait qu'il demeure une constante observable pendant la totalité de cette période : l'armée a toujours joué un rôle de premier plan dans le jeu politique. En effet, les manifestations contre l'ex-président Hosni Moubarak ne semblent pas avoir affaibli la popularité de l'armée avec qui les Égyptiens entretiennent un « lien particulier », d'après Sarah Ben Néfissa. L'intervention des forces armées contre l'ex-président Morsi a d'ailleurs été présentée par Abdel Fattah al-Sissi comme une réponse à la demande du peuple. Cette thématique a, entre autres, façonné l'image héroïque dont bénéficie M. Sissi, mais elle a aussi, et surtout, créé une confusion dans le sens où elle a été présentée comme un retour de l'armée au pouvoir. Or, d'après Stéphane Lacroix, « l'armée n'a jamais lâché le pouvoir tout au long des trois années révolutionnaires ». Elle a mené le jeu politique pendant les moments décisifs, et même les Frères ont évité « toute confrontation avec elle » précise-t-il. En effet, même la « Constitution des Frères » du 22 décembre 2012 prévoyait le maintien de toutes les prérogatives de l'armée. Stéphane Lacroix décrit l'armée comme un élément structurel de l'État égyptien, un « État dans l'État », mais il précise qu'il y a d'autres groupes très influents, quoique beaucoup moins visibles, comme la « police, les services de sécurité et les réseaux d'affaires ». Pour Sarah Ben Néfissa, « le poids et le rôle politique de l'armée en Égypte n'ont jamais été analysés sérieusement par les sciences sociales et politiques car il s'agissait là d'un tabou ». « Peut-être qu'aujourd'hui, ce tabou est en train d'être remis en cause », ajoute-t-elle.

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