La nouvelle de la démission du président Nasser a provoqué un vif émoi dans les milieux politiques et populaires du Liban.
D'un commun accord, les Kataëb, le Bloc national, le Parti national libéral, les partis de gauche et les organisations panarabes ont immédiatement décidé de lancer un appel à la grève pour la journée d'aujourd'hui et d'organiser des manifestations dans la capitale afin d'exprimer leur appui au chef de l'État égyptien (...)
L'annonce de la démission du président Nasser devait être suivie par de grandes manifestations à Beyrouth et dans les principales villes libanaises.
Aux cris de « Nasser, Nasser », les manifestants se sont dirigés vers l'ambassade de la RAU (...). L'ambassadeur a promis de transmettre leurs vœux au président Nasser, et a affirmé que le chef de l'État égyptien n'abandonnera pas la nation arabe.
Criant des slogans hostiles à Israël, à l'impérialisme et à l'Union soviétique, les manifestants se sont rendus ensuite au domicile du mufti de la République, cheikh Hassan Khaled.
Le visage baigné de larmes, de nombreux jeunes gens sanglotaient, assis à même le sol. On entendait de nombreuses personnes déclarer : « Le monde arabe sans Nasser est inconcevable. »


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