Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a qualifié jeudi de "cynisme sans limites" le soutien exprimé selon lui par le G7 à l'opération armée des forces ukrainiennes contre l'insurrection prorusse dans l'Est du pays.
Evoquant devant le Conseil des ministres un afflux de réfugiés dans les régions russes frontalières de l'Ukraine, M. Medvedev a déclaré : "Le soi-disant G7 parle après ça d'actions mesurées de l'armée ukrainienne contre son propre peuple". "C'est d'un cynisme sans limites", a-t-il ajouté, cité par les agences russes.
Dans une déclaration adoptée mercredi à Bruxelles, le G7 a encouragé le gouvernement ukrainien à "maintenir une approche mesurée dans la poursuite de ses opérations pour restaurer la loi et l'ordre" dans l'Est du pays.
La Russie n'a de cesse de son côté de dénoncer une intervention disproportionnée, et a même affirmé la semaine dernière que les forces ukrainiennes violaient la Convention de Genève de 1949 sur la protection des civils.
"Les gens sont effrayés, ont peur, mais les autorités ukrainiennes ne voient aucun problème humanitaire, disent qu'il n'y a pas de réfugiés : c'est bien-sûr un mensonge", a déclaré M. Medvedev.
Il a estimé que 5.000 personnes arrivaient tous les jours d'Ukraine dans la seule région russe de Rostov-sur-le-Don (sud-ouest), en se basant sur les chiffres de passages aux frontières. "La différence entre les sorties et les entrées est d'environ 5.000 par jour", a-t-il précisé.
Selon lui, la plupart des personnes qui quittent l'Ukraine, essentiellement des femmes et des enfants, arrivent dans cette région, mais d'autres se rendent dans d'autres régions de Russie.
Certains demandent le statut de réfugiés. "Ils sont 4.000 à l'avoir déjà demandé. C'est sans précédent", a-t-il déclaré, selon Itar-Tass.
La Russie a proposé lundi au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution portant notamment sur la création de "couloirs humanitaires" dans l'est de l'Ukraine, pour que les civils puissent quitter les zones de combat et pour livrer une aide humanitaire dans ces zones.
Les Occidentaux ont exclu de soutenir un tel texte, mettant en doute la gravité de la situation humanitaire décrite par Moscou. Les Etats-Unis ont accusé en retour la Russie de laisser armes et combattants rejoindre les séparatistes prorusses depuis son territoire.
Les dirigeants du G7 convoqué mercredi à Bruxelles en lieu et place d'un sommet du G8 initialement prévu en Russie et avec la Russie, ont dénoncé une nouvelle fois l'"annexion illégale" de la Crimée et la "déstabilisation" de l'Est de l'Ukraine par Moscou.
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Soutien du G7 à l'Ukraine : "cynisme sans limites", selon le Premier ministre russe
AFP / le 05 juin 2014 à 12h19


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