L'estimation préliminaire de l'inflation en zone euro en mai sera publiée deux jours avant la réunion de la Banque centrale européenne : elle est attendue en légère baisse à 0,6 % sur un an. Mais l'action de la BCE dépend moins de ce chiffre que des nouvelles projections d'inflation de son personnel, qui seront rendues publiques lors de la conférence de presse de Mario Draghi. En mars dernier, le staff de la BCE prévoyait une inflation moyenne de 1 % en 2014, 1,3 % en 2015 et 1,5 % en 2016. Sur les derniers mois, l'inflation a été plus basse que cette trajectoire (graphe ci-contre), si bien que les projections seront abaissées en conséquence, au moins pour l'année 2014 (vers 0,8 % selon nous). La BCE a bon gré mal gré pris son parti que l'inflation ne remonterait pas au-dessus de 1 % cette année. Il est probable que la tendance au-delà de 2014 restera orientée à la hausse, à défaut de quoi, la BCE devrait reconnaître que le risque de déflation est élevé, et non pas faible comme elle le pense. Toutefois, on doit s'attendre à des chiffres toujours bien inférieurs à la cible de 2 % à moyen terme, qui ne serait même pas atteinte à la fin de l'horizon de projection (2016). En tout état de cause, la faiblesse de ces prévisions est un motif plus que suffisant pour assouplir sa politique monétaire

