L'ONU veut un président dans l'immédiat
Le Conseil de sécurité de l'ONU a déploré en s'en inquiétant que l'élection d'un nouveau président au Liban n'ait pas eu lieu dans les délais prévus et a réclamé qu'elle se tienne « sans délai ».
Dans une déclaration unanime, les 15 membres du Conseil « invitent le gouvernement à maintenir sa longue tradition démocratique et à faire en sorte que l'élection présidentielle se tienne sans retard ».
Le Conseil « réaffirme qu'il prête son plein concours au gouvernement libanais afin qu'il s'acquitte de ses fonctions durant cette période de transition ».
Il réaffirme aussi qu'« une aide internationale soutenue est nécessaire pour aider le pays à faire face aux problèmes qu'il rencontre sur les plans économique, humanitaire et en matière de sécurité ».
Enfin, il « invite tous les Libanais à protéger l'unité nationale face aux atteintes à la stabilité du pays et souligne qu'il importe que toutes les parties libanaises respectent la politique libanaise de dissociation et se tiennent à l'écart de la crise syrienne ».
Hélou : Je continue
Henri Hélou, député de Baabda, a déclaré hier, à l'issue d'un entretien à Achrafieh avec le métropolite de Beyrouth, qu'il maintenait sa candidature à la présidence de la République.
« Je ne me suis pas présenté pour qu'ensuite je me retire », a lancé M. Hélou, affirmant que sa candidature est en mesure de mettre un terme à la polarisation extrême qui a, selon lui, « torpillé l'élection et conduit à la situation actuelle ».
Pharaon : Boycottage du cabinet possible en cas de vacance prolongée
Le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, a souligné hier, dans une déclaration à la Voix du Liban 93,3, que conformément à la position de son camp, il a l'intention d'« appliquer l'esprit de la Constitution pour ce qui est du gouvernement et de la participation à ses réunions ».
« En cas de vacance prolongée (de la présidence de la République), il serait alors possible d'envisager un boycottage politique du cabinet », a-t-il précisé.
Concertation FL-PSP
Des délégations des Forces libanaises et du PSP se sont retrouvées hier au domicile d'Eddy Abillama, responsable FL, pour une concertation autour de la présidentielle.
Au terme des discussions, le secrétaire général du PSP, Zafer Nasser, a fait valoir la nécessité d'élire un président par « la voie du plus large consensus interlibanais possible », tout en soulignant qu'il faut que ce président soit « en harmonie » avec la déclaration de Baabda et qu'il la mette en œuvre. « Le maintien de la candidature d'Henri Hélou répond à ces considérations et à ce besoin de modération », a-t-il ajouté.
De son côté, le général Wehbé Katicha, conseiller du chef des FL Samir Geagea, a fait état de convergence de vues avec le PSP sur les diagnostics de la situation dans la région, en Syrie et au Liban, mais de divergences sur les remèdes.
Hamadé : Aoun « rêve encore »
Marwan Hamadé, député du Chouf, a souligné hier, dans une déclaration à la presse, que le chef du CPL, le général Michel Aoun, « rêve encore à la présidence ». Pourtant, a ajouté M. Hamadé, « d'après les informations que j'ai, on lui a déjà fourni beaucoup d'indications sur l'état d'esprit de (l'ancien Premier ministre) Saad Hariri et ces indications montrent qu'il ne pourrait pas être considéré comme un candidat d'entente à la présidence ».
Pour le député du Chouf, la question est aujourd'hui de « savoir s'il faut élire un chef d'État qui, pour le moins, préserverait la ligne suivie par le président Michel Sleiman ou bien s'il doit s'agir d'un dirigeant qui normaliserait totalement les relations avec (le président syrien) Bachar el-Assad, ramènerait le Liban à la phase d'avant 2005 et instaurerait une occupation civile à la place de l'occupation militaire que nous avons connue pendant des années ».
Ahmad Hariri : Un « putsch » contre Taëf ne serait pas une « promenade »
Le secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, a estimé hier que la vacance présidentielle n'était pas une « fatalité » au Liban et averti qu'« un putsch contre la Constitution issue de Taëf ne serait pas une promenade ».
M. Hariri, qui s'exprimait lors d'un déjeuner donné à la Maison du Centre en l'honneur des membres du club de football al-Nejmeh, qui a remporté le championnat du Liban, a ajouté : « Comme l'a dit Saad Hariri, il n'y a dans la Constitution aucune faille qui soit la cause de la vacance et qui empêche l'alternance au pouvoir. En revanche, la faille se trouve du côté de ceux qui sabotent le jeu démocratique. »
Hachem : La présidentielle dans le congélateur
Interrogé par la Voix du Liban 93,3, Kassem Hachem, député Baas prosyrien de Marjayoun-Hasbaya, a affirmé que l'élection présidentielle est mise « dans le congélateur » et souligné qu'en cas de vacance prolongée, « ce sont les facteurs extérieurs au Liban qui seraient les plus déterminants ».
Et pour ce qui est du gouvernement, M. Hachem n'a pas écarté l'éventualité d'une contagion du boycottage politique aux réunions du Conseil des ministres. « À l'ombre de la vacance, la question des prérogatives du gouvernement dépendra davantage des considérations politiques que de la Constitution », a-t-il dit.


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