Liban

Berlin opposé aux camps de réfugiés syriens aux frontières, car celles-ci « ne sont pas sûres »

Dans les coulisses de la diplomatie
30/05/2014

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, est arrivé hier soir à Beyrouth, dans le cadre d'une visite officielle de deux jours au cours de laquelle il s'entretiendra avec le Premier ministre, Tammam Salam, le ministre des AE, Gebran Bassil, et la présidente du commissariat des Nations Unies pour les affaires des réfugiés, Ninette Kelly. Il se rendra également dans des camps des réfugiés syriens dans la Békaa, avant qu'il ne se dirige vers les Émirats arabes unis et le Qatar.
À son arrivée hier à l'aéroport, le ministre allemand s'est immédiatement rendu au palais Bustros où il s'est réuni à huit clos avec M. Bassil pendant 25 minutes, avant d'être rejoint par les délégations respectives des deux pays pour discuter de la crise des réfugiés syriens au Liban. Les deux ministres ont ensuite tenu une conférence de presse conjointe au cours de laquelle M. Steinmeier a déclaré que son pays encourage la Banque mondiale et les organisations internationales à offrir plus de donations au Liban. Il a également révélé que l'Allemagne est prête à accueillir un congrès international à ce sujet. Il a en outre affirmé que Berlin n'est pas favorable à la mise en place de camps pour les réfugiés syriens aux frontières, ces dernières « n'étant pas sûres », révélant par ailleurs que son pays accueille plus de 20 000 réfugiés syriens et s'apprête à en recevoir 10 000 autres.
« Je suis heureux d'être de retour à Beyrouth, cinq mois après notre rencontre avec le ministre Bassil à Berlin, a déclaré le chef de la diplomatie allemande. Cela prouve la force de l'amitié qui lie nos deux pays, a déclaré aussi M. Steinmeier. Ma visite survient à une période difficile que vit la région, mais le Liban a pu éviter la destruction et voilà qu'il s'apprête à élire un nouveau président après la formation du cabinet. » « Nous sommes conscients du fait que la crise syrienne constitue un énorme défi pour le Liban qui souffre du fardeau des réfugiés. Les 30 000 réfugiés en Allemagne constituent un chiffre médiocre comparé aux nombres de réfugiés en Turquie, en Jordanie et au Liban, mais nous encourageons d'autres États à accueillir les Syriens. La communauté internationale a essayé durant les deux dernières années de trouver une issue politique à la crise en Syrie mais en vain, et ce sont les Syriens qui ne désirent pas la paix qui en assument la responsabilité », a-t-il ajouté, en réponse à une question, soulignant la nécessité de trouver un successeur à Lakhdar Brahimi.
De son côté, le ministre Bassil a confié avoir été obligé durant la dernière séance du Conseil des ministres de former une commission pour élaborer une politique d'urgence face à la crise des réfugiés. « La moitié des résidents actuellement au Liban ne sont pas des Libanais, et le chômage a atteint les 40 % en général sur le territoire libanais, a-t-il souligné. Nous avons donc décidé d'adopter une politique d'urgence qui vise à mettre un terme à l'afflux des réfugiés syriens, à réduire le nombre des déplacés au Liban, à permettre un éventuel retour de ces derniers ainsi que des déplacés palestiniens en Syrie et à édifier des camps aux frontières et à l'intérieur du territoire syrien. »
M. Bassil a affirmé avoir discuté avec son homologue du plan de lutte antiterrorisme adopté par le Liban face à l'accroissement du nombre de combattants non syriens en Syrie. Il a également remercié l'Allemagne pour son soutien, mettant l'accent sur l'importance de la participation de cette dernière à la conférence de soutien à l'armée libanaise qui se tiendra à Rome le 17 juin. Il a enfin estimé que le Liban ne peut plus adopter la politique de la porte ouverte face aux réfugiés syriens, en attendant une solution politique en Syrie, affirmant que « la crise syrienne aura des répercussions beaucoup plus importantes sur l'Europe et l'Allemagne que la crise en Ukraine ».

 

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