Les députés du 14 Mars au cours de leur conférence de presse, samedi soir (photo Sami Ayad).
Le président de la Chambre, Nabih Berry, ainsi que les députés du 14 Mars et plusieurs députés indépendants se sont rendus samedi en début de soirée au Parlement dans une tentative de dernière minute d'élire un nouveau président de la République, quelques heures avant l'expiration du mandat du président Michel Sleiman, samedi à minuit (voir par ailleurs).
Le quorum n'a pas été atteint encore une fois pour cette sixième séance, plusieurs blocs parlementaires ayant annoncé leur boycott faute d'un consensus sur un candidat.
En soirée, les députés du 14 Mars ont diffusé un communiqué qui a été lu par le député Georges Adwan, membre du bloc des Forces libanaises. « Dès le début, souligne notamment le texte, les forces du 14 Mars ont perçu l'échéance présidentielle comme la phase charnière la plus importante et la plus délicate, de manière à confirmer les fondements de la République, basés sur le pacte national, la Constitution et la démocratie parlementaire, dans le cadre d'une formule délicate qui assure la complémentarité entre la démocratie et l'esprit du pacte national, dans le respect de la Constitution. Le camp adverse, par contre, y a vu une opportunité de saboter la démocratie et l'esprit du pacte en percevant la démocratie consensuelle comme une entente préalable sur le président, ce qui élimine le rôle du Parlement et la vie politique dans son ensemble en passant outre à la concurrence loyale » entre les candidats.
Et le communiqué du 14 Mars d'ajouter : « L'abolition de la démocratie de cette façon constitue une atteinte à l'esprit du pacte du fait de la vacance à la présidence de la République, provoquée par l'attitude d'un groupe de députés qui s'abstiennent d'assurer le quorum sous prétexte qu'une entente préalable n'a pas été réalisée (au sujet de l'identité du nouveau président). Cela a poussé le président de la République à adresser au Parlement une lettre dans laquelle il met en garde les absentéistes contre leur attitude qui pourrait remettre en cause leur représentativité. »
Et le communiqué d'ajouter : « Face à une telle situation qui risque d'avoir de graves conséquences, les députés du 14 Mars, réunis au Parlement, tiennent à réaffirmer d'une seule voix ferme leur attachement à l'accord de Taëf, à la parité entre chrétiens et musulmans, à la Constitution et à l'application des résolutions internationales et de la déclaration de Baabda. Nous ne nous soumettrons ni au chantage ni à la pression et nous ferons face à toute tentative de vouloir déstabiliser la sécurité ou l'économie du pays. »
Et les députés du 14 Mars de poursuivre : « L'élection d'un nouveau président de la République est un devoir national et ne se limite pas à une simple concurrence entre des personnes. Nous appelons tous les députés à se rendre au Parlement pour élire un nouveau président. Nous prenons très au sérieux le vide présidentiel et cette situation ne peut pas durer. »
En conclusion, le communiqué souligne que « le rôle principal du Parlement (au stade actuel) est délire un nouveau chef de l'État ».

