Le parti de l’opposition la Gauche radicale grecque, Syriza, a qualifié le scrutin de dimanche de « référendum » contre la poursuite des politiques de rigueur. Louisa Gouliamaki/AFP
L'agence de notation Fitch a relevé hier d'un cran la note d'endettement de la Grèce, de « B- » à « B », tout en la maintenant dans la catégorie hautement spéculative.
Cette décision reflète néanmoins les efforts du pays pour redresser ses comptes et la perspective d'un raffermissement de la croissance de l'économie grecque, a expliqué l'agence dans un communiqué. Cette note à long terme est assortie d'une perspective stable, ce qui signifie que Fitch n'envisage pas de la modifier dans les prochains trimestres. La note à court terme a quant à elle été maintenue à « B ».
Côté redressement budgétaire, Fitch souligne que « la réduction du déficit de la Grèce ces quatre dernières années a été remarquable », le pays venant de dégager un excédent primaire « ajusté » de 0,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2013, qui devrait selon ses calculs atteindre 1,4 % cette année.
Fitch estime en outre que « l'économie (grecque) a touché le fond » et que « la reprise va se raffermir graduellement cette année ». L'agence dit ainsi prévoir une croissance de 0,5 % du PIB en Grèce cette année et de 2,5 % l'an prochain.
Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, cité par l'AFP, s'est félicité du relèvement de la note de la Grèce en rappelant que « Fitch est l'une des agences de notation les plus strictes ».
« Le terme "ajustement remarquable" utilisé par l'agence est important, cela veut dire que les sacrifices du peuple grec sont reconnus internationalement, chose précieuse qu'il faut prendre en compte », a indiqué aux médias M. Stournaras à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre Antonis Samaras.
La Grèce est notée parmi les valeurs spéculatives également par l'agence Moody's (« Caa3 » depuis novembre, perspective stable) tandis que Standard & Poor's l'a réaffirmée à « B- », perspective stable, au mois de mars, a rappelé l'AFP.
À deux jours du scrutin européen, qui coïncide en Grèce avec le second tour des élections locales, le climat politique est fortement polarisé, la droite du conservateur Antonis Samaras au pouvoir depuis deux ans étant devancée par le parti de l'opposition la Gauche radicale, Syriza, avec un écart d'environ 3 %, selon un récent sondage. Ayant qualifié le scrutin de dimanche de « référendum » contre la poursuite des politiques de rigueur, imposées par la coalition gouvernementale droite-socialistes, le Syriza parie sur un écart important avec la droite, ce qui pourrait entraîner des élections générales anticipées.
M. Samaras, qui doit prononcer vendredi soir un discours de clôture de campagne sur la place Syntagma, en bas du Parlement, ne cesse pour sa part de prôner « la stabilité économique » pour le pays, insistant sur les risques de « déstabilisation » si Syriza l'emporte.

