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Économie

Investissement US : en retard sur un cycle normal

Même si l'épicentre de la dernière crise se situait chez les ménages plutôt que chez les entreprises, celles-ci ont fortement coupé leurs dépenses en équipements durant la récession. En dix-huit mois, de la fin 2007 à la mi-2009, celles-ci ont baissé de près d'un tiers. S'il y a eu un rebond vigoureux en 2010 et 2011, le rythme de croissance de l'investissement n'a ensuite cessé de ralentir. Il était de 2 % sur un an au T1, plus faible que celui du PIB réel (2,3 %). On a souvent mis la faiblesse de l'investissement sur le compte de l'incertitude, touchant aussi bien les perspectives de demande que le contexte politique. Or, sur ce plan-là, les choses se sont améliorées, sans qu'on ait vu de redémarrage significatif de l'investissement productif. Cela contribue à entretenir une certaine suspicion sur la solidité de la reprise. La situation est d'autant plus curieuse qu'on réunit a priori un faisceau de facteurs positifs :
– Les conditions de demande s'améliorent, comme en témoignent la fermeté de la consommation des ménages et la baisse rapide du taux de chômage. Il est d'usage que l'accélération de la demande accentue l'accumulation de capital par les entreprises (effet d'accélérateur).
– L'incertitude budgétaire et politique a disparu de l'horizon visible, ce qui est un changement radical par rapport à l'an passé, qui avait été marqué par des débats stériles au Congrès (plafond de dette, shutdown des services publics).
– Les entreprises affichent des taux de profit élevés.
– Elles ont accumulé des positions de cash importantes.
– Le crédit industriel et commercial est en forte accélération depuis quelques mois. De manière générale, les conditions financières sont très assouplies.
À en croire diverses enquêtes, les chefs d'entreprise se déclarent disposés à investir davantage. Au vu des déceptions passées, on sera tenté de considérer ces intentions avec prudence. Mais il n'en demeure pas moins que tous les éléments sont réunis pour que le cycle de l'investissement se mette enfin à ressembler à ce que prédit la théorie, autrement dit qu'il se renforce sans plus de délai.

Même si l'épicentre de la dernière crise se situait chez les ménages plutôt que chez les entreprises, celles-ci ont fortement coupé leurs dépenses en équipements durant la récession. En dix-huit mois, de la fin 2007 à la mi-2009, celles-ci ont baissé de près d'un tiers. S'il y a eu un rebond vigoureux en 2010 et 2011, le rythme de croissance de l'investissement n'a ensuite cessé de ralentir. Il était de 2 % sur un an au T1, plus faible que celui du PIB réel (2,3 %). On a souvent mis la faiblesse de l'investissement sur le compte de l'incertitude, touchant aussi bien les perspectives de demande que le contexte politique. Or, sur ce plan-là, les choses se sont améliorées, sans qu'on ait vu de redémarrage significatif de l'investissement productif. Cela contribue à entretenir une certaine suspicion sur la solidité de...
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