Le Crédit libanais s'est penché dans un rapport détaillé (« The Beirut Stock Exchange – Drivers of Activity & Stimulus Measures ») sur la dynamisation de l'activité et les mesures de stimulation envisageables de la BSE.
Ce rapport « met en relief la relation positive et significative entre les flux financiers à destination du Liban et la performance des actions du secteur bancaire mesurée par l'indice boursier du Crédit libanais pour les actions du secteur financier (CLFI). La performance des actions du secteur immobilier, mesurée par l'indice boursier du Crédit libanais pour les actions du secteur immobilier (CLCI), quant à elle, est négativement et significativement corrélée aux chocs politiques », a noté la banque.
« Ainsi, notre modèle économétrique nous permet de conclure qu'un choc politique positif, tel que l'élection d'un nouveau président, entraînerait une amélioration mensuelle de 3,21 % de la capitalisation boursière des actions du secteur immobilier listées en Bourse, qui atteindrait ainsi 2 583,59 millions de dollars fin juin 2014 », a-t-elle poursuivi.
Mais elle s'empresse de relever que la réalité est plus complexe. « La décomposition de cette capitalisation boursière en émission d'actions nouvelles et variation de prix permet, en effet, de mettre en exergue la baisse de 46,26 % qu'aurait subie la capitalisation boursière en l'absence d'émission de nouvelles actions par les entreprises existantes », a souligné le Crédit libanais.
Cette baisse refléterait donc selon la banque l'évolution des prix subie par les actions cotées sur la Bourse de Beyrouth, notamment à cause des crises politiques récurrentes dont le pays a souffert sur la période étudiée. « Notons également que l'émission de nouvelles actions par les entreprises cotées en Bourse sur la période était en partie liée au besoin, pour les banques, d'augmenter leur capital afin de se conformer aux normes de solvabilité imposées par les accords de Bâle, d'une part, et pour financer leur stratégie d'expansion, d'autre part », a ajouté le rapport.
« Le taux de rotation (turnover ratio) des actions cotées sur la Bourse de Beyrouth, mesurant le volume total d'actions échangées sur le nombre total d'actions cotées en Bourse a, quant à lui, été lourdement affecté par la crise syrienne, passant de 15,44 % en 2010 à 4,07 % en 2011, à 3,27 % en 2012 et à 3,05 % en 2013 », a relevé le Crédit libanais.
Et d'indiquer en outre que le ratio cours/bénéfices (P/E ratio), de son côté, a fortement augmenté au début des années 2000 pour passer la barre des 36x atteinte à la fin 2007, « grâce notamment à la hausse du prix des actions de Solidere et de celles du secteur bancaire, qui constituent les plus fortes capitalisations boursières sur la Bourse de Beyrouth ».
Quant aux niveaux record atteints fin 2007 et début 2008, ils sont principalement liés selon la banque au rapatriement, par les investisseurs libanais et moyen-
orientaux, de leur capital investi à l'étranger pour limiter les pertes liées à la crise des subprimes. « À partir de cette date, le ratio cours/bénéfices (P/E ratio) des actions cotées en Bourse n'a cessé de se détériorer, passant à 19,67x en 2008, 13,81x en 2009 et 8,56x fin avril 2014 », a déploré le rapport.
Et de conclure qu'un certain nombre de facteurs ont freiné ces dernières années l'introduction de nouvelles compagnies en Bourse. Ces facteurs incluent, entre autres, « les faibles niveaux de capitalisation des entreprises libanaises, l'hésitation des entreprises familiales à lister leurs actions en bourse, l'obligation des entreprises candidates de se plier aux normes comptables internationales, l'absence d'opportunités de sortie (exit route) pour les investisseurs et les faibles multiples d'évaluation (P/E et P/Bv) qui découragent les compagnies candidates de lister leurs actions en Bourse », a affirmé le Crédit libanais, qui a suggéré dans son rapport plusieurs mesures correctives pour contrer les obstacles.
Économie - Liban - Rapport
Le Crédit libanais examine en profondeur le cas de la BSE
OLJ / le 22 mai 2014 à 00h00


Amusant de se rappeler les années du début de l'indépendance : « DHP », « Port de Beyrouth », « Cimenteries » çà annonçait de beaux jours ; aujourd'hui il semble que les banques ne se pressent pas pour encourager la désintermédiation... et surtout le manque de confiance...
07 h 08, le 22 mai 2014