En France, la mise en circulation sur le réseau d'une nouvelle génération de trains, "plus larges pour répondre aux attentes du public, requiert la modernisation de 1.300 quais sur les 8.700 quais du réseau ferré français". REUTERS/Vincent Kessler
De nouveaux trains régionaux prévus en France, plus larges que les précédents, vont nécessiter de raboter 1.300 quais pour un coût de 50 millions d'euros, une affaire qui a déclenché un tollé en France face au ridicule de la situation.
C'est "comiquement dramatique" et "rocambolesque", a commenté le secrétaire d'Etat français au Transport, Frédéric Cuvillier, en dénonçant un "dysfonctionnement" dû, selon lui, à l'existence en France de deux entités ferroviaires, la Société nationale des Chemins de fer (SNCF) et le Réseau ferré de France (RFF).
Un projet de réforme attendu en juin prévoit le regroupement de ces deux entreprises en un seul grand groupe public.
La mise en circulation sur le réseau d'une nouvelle génération de trains, "plus larges pour répondre aux attentes du public, requiert la modernisation de 1.300 quais sur les 8.700 quais du réseau ferré français", ont reconnu la SNCF et RFF dans un communiqué, accréditant une information de l'hebdomadaire Le Canard Enchaîné paru mercredi.
Le matériel concerné : 182 rames TER (transport régional) Regiolis de la société française Alstom et les 159 Regio 2N de l'entreprise canadienne Bombardier, qui vont entrer en service progressivement d'ici la fin 2016.
Beaucoup de ces trains ont été construits à une époque où il n'existait pas de norme et l'écartement entre deux quais ou entre le quai et la voie n'est pas le même dans les différentes gares de France.
C'est pourtant, selon l'hebdomadaire, la SNCF qui "a défini le cahier des charges avec, notamment, les dimensions des nouvelles rames". "Or, les savants ingénieurs de la SNCF ont omis de vérifier la réalité sur le terrain".
La SNCF s'est ainsi vue contrainte de lancer une série de travaux en trois ans, entre fin 2013 et fin 2016, selon le calendrier de livraison des rames. A ce jour, 300 quais ont été traités.
"Ca peut consister à raboter un quai de quelques centimètres (...) ça peut consister à déplacer une armoire électrique qui était un petit peu trop près du bord du quai", a expliqué Réseau ferré de France.
Et d'user d'une métaphore pour mieux rendre compte de la situation : "C'est comme si vous achetiez une Ferrari que vous vouliez rentrer dans votre garage et vous vous rendez compte que votre garage n'a pas exactement la taille pour accueillir une Ferrari parce que vous n'aviez pas de Ferrari avant".
Mercredi, cette affaire provoquait en France une avalanche de réactions mêlant consternation et ironie.
Le porte-parole du gouvernement socialiste, Stéphane Le Foll, a jugé "assez consternante" l'affaire des trains trop larges, estimant que cela "justifie d'autant plus la réforme ferroviaire qui est en préparation". Il faut que "toute la clarté" soit faite "sur les raisons pour lesquelles des décisions aussi stupides ont été prises", a renchéri la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. "Il faudrait que les gens sortent de leurs bureaux", a-t-elle lancé.
En position de force à l'approche des élections européennes, la présidente du Front national (extrême droite), Marine Le Pen, a dénoncé de son côté un "gaspillage de l'argent public insupportable".
La commission du développement durable de l'Assemblée nationale s'est engagée à auditionner prochainement les responsables du réseau ferroviaire français.
L'affaire a, sans surprise, inspiré les internautes qui s'en sont donné à coeur joie sur les réseaux sociaux.
#SNCF épuisé par toutes ces critiques qu'il juge injustes, l'ingénieur rentre chez lui et s'affale dans son divan... pic.twitter.com/Rn9YXMCk4q
— Tom ¨nn (@Umlaut_doubleN) May 21, 2014
De honte l'ingénieur de la SNCF déménage #SNCF #SNCFail pic.twitter.com/gkUITZ6mQl
— Maxime Hollenweger (@MHollenweger) May 21, 2014
Sommé de s'expliquer, celui qui a conçu les nouveaux trains trop larges de la #SNCF vient d'arriver. Enfin il essaye. pic.twitter.com/TVPHLPTPZg
— Ornikkar (@ornikkar) May 21, 2014
Comment économiser 50 millions d'euros à la SNCF. pic.twitter.com/WjdezCKq16
— Mauvaise La Hyène (@MauvaiseLaHyene) May 21, 2014
C'est "comiquement dramatique" et "rocambolesque", a commenté le secrétaire d'Etat français au Transport, Frédéric Cuvillier, en dénonçant un "dysfonctionnement" dû, selon lui, à l'existence en France de deux entités ferroviaires, la Société nationale des Chemins de fer (SNCF) et le Réseau ferré de France (RFF).Un projet de réforme attendu en juin prévoit le regroupement de ces deux entreprises en un seul grand groupe public.
La mise en circulation sur le réseau d'une nouvelle génération de trains, "plus larges pour répondre aux attentes du public, requiert la...


EH QUOI ! VONT-ILS ROULER HORS DES RAILS ? OU PLUS D'ESPACE POUR LE PLAISIR DES PASSAGERS ?
18 h 33, le 22 mai 2014