La communauté internationale s'est engagée hier à Oslo à verser plus de 600 millions de dollars pour lutter contre la famine qui menace des millions de personnes au Soudan du Sud, ravagé par la guerre entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président, Riek Machar.
« Ce chiffre représente quasiment un doublement des fonds disponibles pour la crise humanitaire au Soudan du Sud », a déclaré le ministre norvégien des Affaires étrangères Boerge Brende, à l'issue d'une conférence des donateurs. « Le résultat a dépassé nos attentes », a affirmé la chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Valérie Amos, soulignant qu'il n'avait jamais été question que l'intégralité des fonds requis soit trouvée à Oslo. « Je pense qu'il sera difficile de lever les ressources nécessaires supplémentaires », a-t-elle cependant regretté, faisant valoir que les donateurs étaient aussi sollicités par d'autres crises humanitaires majeures en Syrie et en Centrafrique.
Selon l'ONU, 4 millions de personnes, soit un tiers de la population, sont menacées par la faim dans le jeune État africain, riche en pétrole, mais où se déroulent des combats entre gouvernement et rebelles depuis le 15 décembre. Selon l'Unicef, 50 000 enfants risquent de mourir au Soudan du Sud d'ici à la fin de l'année. Le choléra a également fait son apparition ces dernières semaines. Déjà neuf personnes en sont mortes, sur 138 cas, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La situation est d'autant plus délicate que la saison des pluies rend impraticables les rares routes du pays, voire certaines pistes d'atterrissage, compliquant et renchérissant l'acheminement de l'aide dans de vastes régions.
(Source : AFP)

