Le chef de l’État s’est entretenu de l’actualité politique locale, hier, avec le Premier ministre, Tammam Salam. Photo Dalati et Nohra
Le président Michel Sleiman a de nouveau exprimé l'espoir hier, à dix jours de l'expiration de son mandat, que « la priorité soit accordée à la préservation et à la consolidation de l'État, à travers la concrétisation de la culture de l'exercice démocratique ».
M. Sleiman, qui a passé en revue avec le chef du gouvernement, Tammam Salam, le dossier de la présidentielle et l'ordre du jour du Conseil des ministres d'aujourd'hui, a plaidé en faveur de la réalisation de toutes les échéances constitutionnelles dans les délais « afin de protéger l'État contre tous les dangers qui peuvent mettre en péril son existence, notamment le danger israélien et celui du nombre sans cesse croissant des réfugiés syriens et palestiniens ».
Mais le député Amine Wehbé (courant du Futur), comme plusieurs autres parlementaires, a écarté la possibilité d'une élection d'un chef de l'État dans les délais constitutionnels, « surtout que les forces politiques qui bloquent la présidentielle en boycottant les réunions parlementaires ne veulent pas élire un nouveau chef de l'État ». M. Wehbé a affirmé s'attendre à ce qu'un grand nombre de députés boycottent le Parlement en cas de vacance présidentielle, « ce qui fait que la Chambre sera incapable de légiférer », avant d'indiquer que le courant du Futur n'a pas encore discuté de cette éventualité qu'on attribue aux députés chrétiens. « Celui-ci est contre le vide et mettra tout son poids dans la balance pour qu'on n'aboutisse pas à une vacance de la présidence », a-t-il fait remarquer.
Plus optimiste, l'ancien ministre Mario Aoun (CPL) a jugé possible que le palais de Baabda ait un locataire avant le 25 mai. « Tout dépendra du résultat des dialogues en cours qui peuvent aboutir à n'importe quel moment », a-t-il dit. M. Aoun a dans le même temps minimisé l'importance d'une vacance présidentielle. « Ce n'est pas la fin du monde si nous n'arrivons pas à une entente avant le 25 mai. Cela s'était déjà passé et nous avions élu plus tard un nouveau chef de l'État », a-t-il observé.
Le secrétaire général de l'Option libanaise, Ahmad el-Assaad, a affirmé redouter que le président syrien, Bachar el-Assad, « ne remporte l'élection présidentielle en Syrie et au Liban, à cause de la politique de blocage pratiquée par le 8 Mars ».
Selon lui, le Hezbollah risque de semer le chaos dans le pays « à la manière du 7 Mai en exploitant pour cela les revendications syndicales ». Le Hezbollah, a commenté M. Assaad, « aura encore une fois réussi à saisir des occasions et le 14 Mars à les perdre ».
Entre-temps, plusieurs ONG et activistes ont organisé un sit-in symbolique au centre-ville pour protester contre « la mascarade du vide, acte quatre ».

