Les corps de 20 soldats tués par balles ont été découverts dimanche dans le nord de l'Irak où les violences sans répit ont fait par ailleurs 13 victimes dont six membres des forces de l'ordre.
Soldats, policiers et miliciens anti-Qaëda sont régulièrement visés par les attaques meurtrières qui frappent quasi-quotidiennement le pays. Plus de 3.100 personnes ont perdu la vie depuis le début de l'année dans ces violences, auxquelles personne ne semble capable de mettre fin.
Dans la province de Ninive, dans le nord du pays, les corps criblés de balles de 20 soldats ont été découverts samedi soir, selon des sources de sécurité.
Le puissant groupe jihadiste de Daech ou l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) a revendiqué l'enlèvement et le meurtre de ces soldats dans un communiqué, précisant qu'il les avait kidnappés sur leur base militaire le 5 mai.
"Si Dieu le veut, ces opérations ne s'arrêteront pas", a ajouté l'EIIL, qui a expliqué avoir visé des membres de "l'armée Safavid", un terme péjoratif qui sous-entend un lien avec les forces de sécurité de l'Iran chiite.
Dans la même province de Ninive, l'une des plus dangereuse du pays, des hommes armés avaient tué 12 soldats sur un site militaire le 17 avril.
Des membres de l'EIIL alliés à des combattants de tribus anti-gouvernementales ont pris début janvier le contrôle de la ville de Fallouja, à 60 km à l'ouest de Bagdad, ainsi que de certains quartiers de Ramadi, 40 km plus à l'ouest.
Ces deux villes sont situées dans la région majoritairement sunnite d'Anbar.
Par ailleurs à Ninive toujours, 4 policiers et 2 soldats ont été tués dans des attaques dimanche.
Dans la capitale, deux autres personnes ont été abattues, et quatre, dont trois membres des Sahwa, une milice anti-Qaïda, ont été tuées dans les environs de Bagdad.
Des attaques ont aussi frappé les provinces de Kirkouk (nord) et de Diyala (centre), ainsi celle de Salaheddine (nord), où une personne est morte.
Le niveau des violences, qui tuent en moyenne 25 Irakiens chaque jour, flirte avec celui de 2008, lorsque le pays sortait à peine d'un conflit confessionnel sanglant, après l'invasion américaine de 2003.
Les autorités imputent la violence qui touche l'ensemble du pays à des facteurs extérieurs, au premier rang desquels la guerre en Syrie voisine. Mais diplomates et experts affirment que les violences sont surtout alimentées par la colère de la minorité sunnite, qui s'estime marginalisée et maltraitée par les autorités.
Enfin le décompte des votes des élections législatives du 30 avril, les premières depuis le départ des troupes américaines, est toujours en cours, et le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki reste le favori pour décrocher un troisième mandat, malgré un bilan mitigé et la multiplication des violences.
Dernières Infos
Irak: 20 soldats tués par des insurgés dans le nord (responsables)
AFP / le 11 mai 2014 à 11h29


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine