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Liban - Citoyen Grognon

Le motard criminel et l’enfant

Photo tirée de la page Facebook de l'association libanaise pour la sécurité routière Yasa.

Sur son petit deux-roues fatigué, il fonce à l'extrême gauche. Il vient d'emprunter l'autoroute en direction de Jounieh. Dieu seul sait où il va. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il y tient, à sa gauche, narguant les automobilistes qui piaffent d'impatience.
Il ne porte pas de casque. Il n'en a probablement jamais porté. À quoi bon, pense-t-il. Une dépense inutile en l'absence de la moindre sanction. Les flics ont d'autres chats à fouetter.
Harcelé par les conducteurs, il finit par braquer à droite sans mettre son clignotant, sans même prendre la peine de jeter un regard vers la droite, histoire de s'assurer que sa route est libre. Après tout, il n'a de compte à rendre à personne.
Mais au lieu de ralentir pour permettre aux automobilistes de le dépasser, ne voilà-t-il pas qu'il fonce de nouveau, le motard. Non seulement il appuie à fond sur le champignon, mais il louvoie aussi à présent entre les voitures.
De droite à gauche, de gauche à droite, il se faufile entre les véhicules avec cette inconscience propre aux conducteurs de mobylette. Une queue de poisson par-ci, une accélération par-là, le motocycliste ne rate pas une occasion de prendre la tête du peloton qui roule à vive allure.
La scène est habituelle au pays du Cèdre. Elle ne choque plus personne. Ni les automobilistes ni les agents de la circulation. Au point qu'elle est entrée dans les mœurs, dans la normalité même.
Mais ce jour-là, elle n'a rien d'habituel. Elle est tout bonnement révoltante. Car le motard transporte un très jeune enfant qu'il maintient debout, entre lui et le guidon.
Le petit garçon ne porte pas de casque, ni même la moindre protection. Il subit sans broncher l'irresponsabilité du criminel qui l'emporte dans sa folle course.
Côté automobilistes, pas la moindre réaction. Ils sont bien trop pressés d'arriver à destination pour se préoccuper du sort du malheureux bambin.
Quant aux agents de la sécurité routière, ils sont aux abonnés absents, comme de coutume. Et si, dans le meilleur des cas, ils avaient été là, ils auraient fait semblant de ne rien voir parce que c'est tellement plus simple.
Parce que, au Liban, le laisser-faire est la règle d'or d'autorités sans la moindre autorité. Et tant pis pour les enfants qui risquent d'y perdre la vie.

Sur son petit deux-roues fatigué, il fonce à l'extrême gauche. Il vient d'emprunter l'autoroute en direction de Jounieh. Dieu seul sait où il va. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il y tient, à sa gauche, narguant les automobilistes qui piaffent d'impatience.Il ne porte pas de casque. Il n'en a probablement jamais porté. À quoi bon, pense-t-il. Une dépense inutile en l'absence de la moindre sanction. Les flics ont d'autres chats à fouetter.Harcelé par les conducteurs, il finit par braquer à droite sans mettre son clignotant, sans même prendre la peine de jeter un regard vers la droite, histoire de s'assurer que sa route est libre. Après tout, il n'a de compte à rendre à personne.Mais au lieu de ralentir pour permettre aux automobilistes de le dépasser, ne voilà-t-il pas qu'il fonce de nouveau, le motard. Non seulement il...
commentaires (1)

Dans l'absolu, on ne peut qu'approuver cet article. Mais je suis toujours étonnée par l'indignation permanente suscitée par les personnes qui ne font de mal qu'à elles-mêmes, alors que personne ne critique ceux qui mettent les autres en danger. Après tout, les milliers d'automobilistes qui roulent à tombeau ouvert et brûlent les feux rouges en frôlant les piétons qui essayent de traverser sont-ils moins fautifs que ce motard visiblement pauvre et ignorant, qui ne réalise pas du tout qu'il met son enfant en danger ?

YARED Lyna

09 h 57, le 11 mai 2014

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Commentaires (1)

  • Dans l'absolu, on ne peut qu'approuver cet article. Mais je suis toujours étonnée par l'indignation permanente suscitée par les personnes qui ne font de mal qu'à elles-mêmes, alors que personne ne critique ceux qui mettent les autres en danger. Après tout, les milliers d'automobilistes qui roulent à tombeau ouvert et brûlent les feux rouges en frôlant les piétons qui essayent de traverser sont-ils moins fautifs que ce motard visiblement pauvre et ignorant, qui ne réalise pas du tout qu'il met son enfant en danger ?

    YARED Lyna

    09 h 57, le 11 mai 2014

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