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Économie - Liban

Gaz et pétrole, des richesses à gérer avec précaution

Photo d'archives AFP

La « maladie hollandaise » (en anglais Dutch disease) : un phénomène économique qui tire son nom de la découverte d'importants gisements de gaz aux Pays-Bas dans les années 1960, et qui relie exploitation de ressources naturelles et déclin de l'industrie manufacturière locale. Ou, plus simplement exprimé, la « maladie » de l'argent facile.

Un cas de figure, évoqué sous forme de mise en garde, qu'a mis en avant l'économiste franco-libanais spécialisé dans les questions pétrolières et énergétiques, Nicolas Sarkis, lors du forum « Pétrole et gaz, le forum national de la richesse du Liban », qui s'est tenu hier à l'École supérieure des affaires (ESA).
Sans omettre d'énumérer les nombreux bénéfices potentiels apportés par l'exploitation de pétrole et de gaz naturel au large des côtes libanaises, « le rêve (...) peut devenir cauchemar », a souligné M. Sarkis. Et de citer à titre d'illustration le cas de l'Algérie, troisième producteur du continent africain.
Ce pays a énormément misé sur sa production pétrolière au détriment des activités traditionnelles de son économie ; il voit aujourd'hui ses extractions de brut chuter (de près de 20 % depuis le pic atteint en 2007) tandis que ses propres besoins ont explosé sur le plan de la consommation comme de l'énergie...

Éviter les dérapages
« Pétrole et gaz, le forum national de la richesse du Liban » était organisé par le Forum pour le dialogue national de Fouad Makhzoumi, le Mouvement des entreprises et représentations économiques françaises au Liban (Meref) et l'ESA, sous le haut patronage du président de la République, Michel Sleiman.
Il a rassemblé un panel prestigieux composé d'une trentaine d'experts, dont notamment des juristes, des économistes et des consultants en matière d'énergie, venus se pencher sur le dossier énergétique libanais et ses implications pour le Liban sur le plan économique, financier ou encore social.
Cet événement s'est déroulé en présence du ministre de l'Énergie et de l'Eau, Arthur Nazarian, qui représentait le président Michel Sleiman, de l'ancien ministre Jihad Azour, d'Alain Bifani, directeur général du ministère des Finances, et de plusieurs personnalités du secteur privé.

(Lire aussi : « Le Liban risque d'être exclu des accords gaziers régionaux s'il prend trop de retard »)

Nul doute que l'exploitation potentielle des gisements offshore contribuera à générer des revenus considérables, renflouer les caisses de l'État, créer des emplois et donner au Liban les moyens d'améliorer son infrastructure et de combler son déficit énergétique, ont rappelé les participants. Mais encore faut-il manipuler la (future) poule aux œufs d'or avec précaution, ont-ils prévenu.

Car les risques sont présents : dérapage en termes de politique économique (la fameuse « maladie hollandaise » évoquée par M. Sarkis puis, plus tard, par M. Bifani), détournements, flous juridiques, sans compter les écarts entre les besoins sur le plan de l'emploi et les réalités du pays. « Pour augmenter et encourager la transparence, a souligné l'expert international Dany Kabbani, il est vital que le Liban mette en place des procédures » similaires à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Extractive Industries Transparency Initiative ou EITI), « avec l'aide de pays sponsors et d'organisations non gouvernementales et de consolider les liens entre ces derniers et le gouvernement libanais ».

« Obtenons dès maintenant une plus grande clarté sur le plan des lois régissant le secteur plutôt que de le regretter plus tard », a appelé pour sa part Fouad Jawad, président de PetroServ International. En ce qui concerne l'emploi, « il est urgent d'évaluer les capacités du système éducatif libanais pour combler le manque entre les besoins futurs et la main-d'œuvre libanaise disponible », a encore estimé de son côté l'économiste et spécialiste en gestion de l'énergie, Patrick Gougeon.

De nombreux défis, donc, en perspective pour le Liban. Quoi qu'il en soit, encore faut-il que sa zone économique exclusive maritime (ZEE) soit délimitée une fois pour toutes...

D.M.


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