Le chef des Kataëb, Amine Gemayel, reçu hier à Bnechii par le député Sleimane Frangié. Photo Dalati et Nohra
Dans le cadre de sa tournée auprès des leaders pour tenter de débloquer l'impasse dans laquelle se trouve l'élection présidentielle, cheikh Amine Gemayel s'est rendu hier à Bnechii chez Sleimane Frangié. Cette rencontre intervient après les visites du chef des Kataëb à Maarab et à Rabieh.
À l'issue de l'entretien, Gemayel a déclaré qu'il est heureux d'être à Bnechii où il se sent chez lui. Il a ensuite expliqué que l'entretien a porté sur les échéances nationales et la nécessité de déployer des efforts pour élire un nouveau président dans les délais constitutionnels.
Gemayel a rappelé que cette échéance n'est pas une simple élection, elle est vitale pour l'intérêt national. « Si, à Dieu ne plaise, nous n'avons pas élu un président le 25 mai, a déclaré le président Amine Gemayel, cela signifiera que nous sommes face au vide, un vide dont on ne sait pas quelles seront les conséquences dans une situation aussi délicate. » Gemayel a précisé que le chef des Marada éprouve comme lui un grand sentiment de responsabilité et qu'il est d'accord pour faire tout ce qui est possible pour élire un président dans les délais. Gemayel a encore précisé que le Liban affronte actuellement d'importants défis, dont le moindre n'est pas la présence des réfugiés syriens sur son sol. C'est pourquoi, selon lui, il faut élire un président capable d'affronter ces défis. Mais l'élection ne peut se faire que grâce à une entente, d'abord entre les leaders maronites, et ensuite entre les différentes composantes du pays.
Gemayel a mis l'accent sur le danger que représente la vacance à la tête du pouvoir, s'étonnant du fait que certains le considèrent comme secondaire. Il a encore dit qu'il a senti chez l'ancien ministre Sleimane Frangié les mêmes inquiétudes et la même volonté d'éviter le vide à la tête de la République.
De son côté, Sleimane Frangié a salué l'amitié qui le lie à Amine Gemayel et s'est prononcé contre la vacance à la tête de la République. Il a toutefois précisé que l'ancien président est optimiste sur la possibilité d'organiser l'élection dans les délais constitutionnels, alors que lui l'est beaucoup moins « car je vois les choses comme elles sont, ni le 8 Mars va élire le candidat du 14 Mars ni le 14 Mars va élire le candidat du 8 Mars. La division verticale du pays entrave la possibilité d'arriver à un accord dans les délais. Mais nous espérons quand même pouvoir parvenir à un accord ». Frangié a encore ajouté que nul n'est opposé à une entente sur un président centriste. « Mais nous nous demandons comment cela pourrait-il se produire ; d'aucuns disent qu'il faut un président centriste, ou faible, et considèrent que le vide constitue un moyen de pression pour que le 8 Mars accepte » n'importe quel président. « Nous sommes conscients de cela, a encore ajouté Frangié. C'est pourquoi nous voulons l'élection d'un président avant le 25 mai. Mais si cela n'a pas lieu, nous devons rester attachés à l'élection d'un président fort doté d'une large représentativité. »
En réponse à une question, Frangié a affirmé que les pôles chrétiens ne veulent couper la voie à personne et ne considèrent pas avoir le monopole de la scène chrétienne. « Mais les quatre pôles représentent la majorité des chrétiens. C'est pourquoi le nouveau président doit soit être l'un d'eux, soit avoir leur accord après celui de Bkerké. S'il n'a pas ce double accord, il sera faible... »



Il ne manquait plus que cette visite, chez Mini- gargantua-là !
11 h 20, le 10 mai 2014