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Moyen Orient et Monde - Le Billet

Moi président de la République

Le président François Hollande. Christian Hartmann/Reuters

Je suis repassé sous la barre des 20 %. Un moment, j'ai espéré que Valls me tire vers le haut. C'est moi qui l'ai tiré vers le bas. Un moment. Puis il est remonté au dessus de la barre des 50 %. Ce que je donnerais pour un score pareil. Un président français qui n'atteint même pas la moitié de la côte de confiance de son Premier ministre...
Le mois dernier, j'étais remonté à 20 %. J'y ai presque cru. L'espoir aura été de courte durée, me voilà repris par l'ivresse des profondeurs.
Pour mes deux ans de mandat, je m'offre un record d'impopularité. Happy birthday fanfan...


Ils vont être nombreux à me faire ma fête. Opposants, pas opposants, journalistes, analystes, syndicalistes, salariés, retraités, profs, jeunes, chômeurs... Ils vont se jeter sur cet anniversaire comme la vérole sur le bas clergé breton.
Les chiffres, les promesses, les annonces... Nous voilà partis pour la grande dissection qui va, sans surprise, commencer par ma sortie télévisée du 2 mai. Je les entends déjà égrainer les « Lui président de la République » et dresser le bilan sur le thème : que sont ses promesses devenues ?
Je vais la regretter, l'anaphore...

Pendant ce temps-là, à quelques milliers de kilomètres de l'Élysée, je vois un Poutine, troisième mandat au compteur, qui s'offre 82 % d'opinions favorables en annexant la Crimée. Et un ex-maréchal aux tendances dictatoriales érigées en programme avancer tranquillement sur un tapis rouge aussi large qu'une autoroute vers la magistrature suprême égyptienne.
Je ne comprends pas...
Moi, je veux bien tirer les leçons de ces deux-là, mais alors, mon discours du 2 mai donnerait plutôt ça :

Moi président de la République, j'annexerai la Wallonie après avoir envoyé mes gros bras encadrer un référendum bidon.
Moi président de la République, j'ordonnerai aux militaires d'ouvrir le feu contre n'importe qui, homme, femme, enfant, manifestant contre moi.
Moi président de la République, je réinstaurerai la peine de mort.
Moi président de la République, j'inciterai la justice à employer massivement cette peine de mort.
Moi président de la République, je collerai mon portrait à tous les carrefours de Paris.
Moi président de la République, je plongerai avec les Beluga.
Moi président de la République, je ferai du cheval torse nu.
Moi président de la République, je me nommerai général, puis maréchal, puis me mettrai à la retraite.
Moi président de la République, j'interdirai les manifestations contre moi, mes politiques, mes idées, mes pensées, mon idéologie.
Moi président de la République, j'enverrai les grands patrons pouvant faire de l'ombre en prison ou à la morgue.
Moi président de la République, j'interdirai les gros mots dans les médias et les œuvres artistiques.
Moi président de la République, je donnerai des médailles aux journalistes encensant ma politique et ferai un enfer aux autres.
Moi président de la République, je déclarerai les opposants terroristes ou traitres à la patrie.
Moi président de la République, je rétablirai la censure.
Moi président de la République, je lancerai la chasse aux homos.

Vous m'aimeriez plus comme ça ?

(Ceci est un billet, ce texte est donc le produit de l'imagination de l'auteure)

Je suis repassé sous la barre des 20 %. Un moment, j'ai espéré que Valls me tire vers le haut. C'est moi qui l'ai tiré vers le bas. Un moment. Puis il est remonté au dessus de la barre des 50 %. Ce que je donnerais pour un score pareil. Un président français qui n'atteint même pas la moitié de la côte de confiance de son Premier ministre...Le mois dernier, j'étais remonté à 20 %. J'y ai presque cru. L'espoir aura été de courte durée, me voilà repris par l'ivresse des profondeurs.Pour mes deux ans de mandat, je m'offre un record d'impopularité. Happy birthday fanfan...
Ils vont être nombreux à me faire ma fête. Opposants, pas opposants, journalistes, analystes, syndicalistes, salariés, retraités, profs, jeunes, chômeurs... Ils vont se jeter sur cet anniversaire comme la vérole sur le bas clergé breton.Les...
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