Tous les journaux ont publié le télégramme adressé par le gouverneur du Grand Liban aux administrateurs du Chouf, du Metn, de Saïda et au mudir de Deir el-Kamar. Ce télégramme énumère les mesures principales qui vont être appliquées à l'effet de mettre fin aux crimes confessionnels qui ensanglantent depuis quelques semaines diverses régions du Liban.
Jamais mesures exceptionnelles ne furent plus largement justifiées. Depuis le mois d'avril, 25 habitants, tant druzes que chrétiens, sont tombés sous les coups de meurtriers demeurés inconnus. Il faut, pour le bon renom de ce pays, que cessent au plus tôt ces vendettas religieuses indignes d'un peuple civilisé. Et pour les faire cesser, il importe que les chefs religieux, que les notables, en un mot tous les témoins indifférents ou muets de ces abominables pratiques, se fassent les auxiliaires de l'autorité en arrêtant le bras des criminels ou en livrant à la justice les criminels qu'ils connaissent (...)
(...) Or personne ne soutiendra, de bonne foi, que dans les villages du Liban où les notables exercent une influence réelle sur leurs concitoyens, où aucun événement ne se produit sans que toutes les circonstances en soient connues, personne ne soutiendra qu'une solidarité coupable n'a pas assuré jusqu'à ce jour l'impunité des meurtriers.
Que les chefs politiques et religieux, que les notables, que les habitants paisibles décident de clore la série des crimes confessionnels, et ces crimes cesseront (...)


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