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Jean XXIII et Jean-Paul II élevés à la gloire des autels

La canonisation de deux papes n’est-elle pas aussi la canonisation du concile ?

Analyse

Cinq papes, trois décédés – Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II – et deux vivants – Benoît XVI et François –, peuvent être considérés à des titres différents comme des hommes de Vatican II.

OLJ
28/04/2014

La canonisation des deux papes Jean-Paul II et Jean XXIII peut être considérée comme une sorte de consécration, ou canonisation symbolique, du concile Vatican II qui avait marqué l'ouverture de l'Église au monde moderne entre 1962 et 1965.
Cinq papes, trois décédés – Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II – et deux vivants – Benoît XVI et François –, peuvent être considérés à des titres différents comme des hommes du concile. Les quatre premiers ont participé directement à ses travaux.

– Angelo Giuseppe Roncalli (Jean XXIII) était un homme de l'ancienne Église préconciliaire, conservateur mais ouvert, par tempérament et grâce à sa carrière de nonce (diplomate) qui lui a permis de connaître des réalités diverses non catholiques. En 1959, conscient des nombreux mouvements qui agitent l'institution, il convoque le concile à la surprise générale. La curie conservatrice espère que rien ne changera, mais le pape acceptera vite un changement en profondeur.

– Giovanni Battista Montini (Paul VI), également homme de l'ancien système, un moment bras droit de Pie XII, se retrouve, à la mort de Jean XXIII en 1963, en charge de mener le concile à son terme. Il en sera le principal artisan et devrait être béatifié à l'automne pour avoir conduit cette ouverture. Il a dû gérer les divisions profondes de l'Église à la suite du concile, dans l'ère de mai 68 : contestations d'extrême gauche et d'extrême droite, départ d'une partie du clergé, controverse autour de l'interdiction de la pilule, mise en cause des dogmes, etc. Il vivra très douloureusement cette crise.

– Karol Wojtyla (Jean-Paul II) est à 42 ans en 1962 un jeune porte-parole de l'épiscopat polonais à Vatican II, remarqué par son brio et son énergie. Pendant ses vingt-six ans de pontificat, il ne cessera de se référer à ce concile, pour manifester l'ouverture de l'Église au monde tout en mettant au pas les plus progressistes. Un concile recadré, mais où l'ouverture au monde est approfondie (par exemple avec les repentances et le dialogue interreligieux).

– Le théologien allemand Joseph Ratzinger (Benoît XVI) a 35 ans et plein d'idées de renouveau pour l'Église quand il accompagne le cardinal de Cologne Joseph Frings au Vatican pour le concile. Il jouera un rôle actif, de réformiste. Après mai 1968, il opère un virage conservateur face à ce qu'il perçoit comme des dérives de gauche. À ceux qui disent que le concile est une « rupture » avec les siècles passés, il répond « renouveau dans la continuité ». Il confiera que le concile est l'évènement central de sa vie.

– Jorge Mario Bergoglio, devenu l'an dernier pape, est un homme dont toute la carrière de prêtre a été influencée par le concile et le seul des cinq à ne pas avoir participé à ses travaux. Il a 25 ans et suit la longue formation jésuite exigée par la Compagnie de Jésus quand le concile commence en 1962. Il sera ordonné en 1969, six ans après sa fin. Sa jeunesse aura été préconciliaire mais toute sa vie de prêtre sera sous le signe du renouveau de Vatican II. Il en connaît aussi en Argentine, au sein des jésuites, les suites mouvementées. Il parlera moins que ses prédécesseurs du concile, comme si c'était pour lui une réalité désormais intégrée, naturelle.

@ AFP

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