Maire ou mairesse ?
Au soir de dimanche dernier, j'ai vu et entendu à la télévision Anne Hidalgo parler d'elle à titre de «maire de Paris». Maire ? Venant d'une femme, chargée un temps de l'égalité homme/femme sous Delanoë, je suis étonné. On retrouve pourtant le mot «mairesse» dans les dictionnaires. Pourquoi ne pas se faire appeler «Madame la mairesse» plutôt que «Madame la maire»?
C'est une maladie dans la francophonie d'aujourd'hui. On remplace de très vieux mots par des mots qui sonnent mieux à nos chatouilleuses oreilles, comme «poétesse», «doctoresse», «chasseresse», «Suissesse» ou encore «maîtresse» (enseignante à l'école primaire) par «poète», «docteure», «chasseuse», «Suisse» et «institutrice».
Dans la quatrième édition du Multidictionnaire de la langue française, un réputé dictionnaire québécois, on peut lire la note sémantique suivante sous «poétesse» (un mot créé au XVIe siècle): «Ce nom peut avoir une connotation péjorative, un sens restrictif. On emploie plutôt le nom poète.» Mais dans Le Petit Larousse illustré de 2014, rien de tel, sinon la définition attendue: «Écrivaine qui pratique la poésie.» Si un mot féminin renferme une connotation péjorative, c'est contre la connotation qu'il faut lutter, pas contre le mot, pardi!
Pendant que des mots féminins existant depuis longtemps disparaissent du vocabulaire courant, d'autres mots sont féminisés de manière parfois contestable, et d'autres encore ne le sont curieusement pas (comment se fait-il, par exemple, que le mot «juge» n'ait pas été féminisé en «jugesse»?). C'est à y perdre son latin.
Sylvio Le BLANC
Ces présidentiables...
Messieurs les journalistes, que vous soyez dans l'écrit ou dans le visuel, c'est à vous que je m'adresse. À quoi servent vos rencontres avec ceux que vous appelez présidentiables? Sont-ils inconnus des Libanais ? Ils les connaissent et savent ce qu'ils ont fait ou pas fait. Ils n'ont plus envie d'écouter ces lieux communs que les politiques débitent et qui ne trompent plus personne.
Je vais vous dire pourquoi vos programmes ne riment à rien. Tout d'abord, les Libanais n'ont pas voix au chapitre car ils ne votent pas. Ensuite, ces programmes sont une compétition entre les différentes chaînes et différents journaux, et non entre les candidats. Enfin, ces candidats n'ont plus rien à nous dire, nous les avons déjà testés.
C'est pourquoi, si vous voulez continuer de nous présenter des hommes dignes d'être connus, choisisez des candidats de valeur pour nous prouver qu'il y a des maronites valables et prêts à aider le Liban.
Elsie El-KHOURY

