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Moyen Orient et Monde - Rwanda

Paris réplique vertement aux accusations de Kigali

Pour Paul Kagame, la France a participé « directement » au génocide ; les hommages aux victimes débutent aujourd'hui.

Des photos des victimes exposées au Kigali Genocide Memorial Museum, à la veille du début des commémorations du génocide de 1994. Noor Khamis/Reuters

Les commémorations du génocide de 1994 au Rwanda, qui débutent aujourd'hui, sont d'ores et déjà entachées par un regain de tension avec la France que le président Paul Kagame a de nouveau accusée d'avoir pris part aux massacres.
« Pour que nos deux pays commencent réellement à s'entendre, nous allons devoir regarder la vérité en face », a affirmé hier la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo, en réaction à la décision « injustifiée » de la France d'annuler sa participation aux célébrations du 20e anniversaire du génocide. Paris a pris cette décision après une interview de Paul Kagame parue hier, dans laquelle il accuse la France d'avoir joué, de même que l'ex-puissance coloniale belge, un « rôle direct dans la préparation du génocide » et d'avoir participé « à son exécution même ». Hier soir, le ministère français des Affaires étrangères a néanmoins indiqué que la France sera représentée aux commémorations par son ambassadeur à Kigali Michel Flesch.
Entre-temps, l'ex-ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, artisan du rapprochement entre Paris et Kigali en 2010, a nié hier sur RFI toute « participation directe » de la France au génocide. Et la veille, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères à l'époque du génocide, a appelé le président François Hollande à « défendre l'honneur de la France » face à l'« inacceptable mise en cause » de Paris par le président rwandais Paul Kagame.

100 jours sombres
Tout en niant les accusations de M. Kagame, la Belgique a, elle, maintenu sa participation. « Ce que nous allons faire au Rwanda, c'est commémorer un génocide, c'est-à-dire rappeler la mémoire des victimes, de leurs familles, a souligné hier son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, c'est ça le sens de notre démarche. Nous n'allons pas rendre hommage à un gouvernement rwandais actuel. » M. Reynders sera notamment accompagné à Kigali des familles des 22 victimes belges des massacres, dont dix parachutistes tués aux premières heures du génocide le 7 avril 1994, en même temps que la Première ministre rwandaise d'alors, Agathe Uwilingiyimana, qu'ils étaient chargés de protéger. Les commémorations, placées sous le thème « Souvenir, unité, renouveau », s'étendront sur 100 jours, en écho à la centaine de jours qui ont suffi entre avril et juillet 1994 pour exterminer 800 000 personnes, essentiellement issues de la minorité tutsi.
L'ONU, incapable en 1994 d'empêcher les massacres malgré 2 500 Casques bleus sur place, sera représentée par son secrétaire général Ban Ki-moon. Washington a de son côté envoyé sa représentante à l'ONU, Samantha Power. « L'échelle de brutalité au Rwanda continue de choquer : une moyenne de 10 000 morts par jour, chaque jour durant trois mois », a rappelé M. Ban hier, soulignant que l'impact des massacres continuait de se faire sentir « dans la région des Grands-Lacs et dans la conscience collective de la communauté internationale ».
Car le Rwanda a longtemps bénéficié dans ses relations diplomatiques du sentiment de culpabilité de la communauté internationale, restée inerte face aux massacres. Mais Kigali a récemment été accusé, jusque par ses plus proches alliés, Washington en tête, de déstabiliser l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et d'être impliqué dans les meurtres ou tentatives de meurtre de dissidents rwandais réfugiés en Afrique du Sud.

(Source : AFP)

Les commémorations du génocide de 1994 au Rwanda, qui débutent aujourd'hui, sont d'ores et déjà entachées par un regain de tension avec la France que le président Paul Kagame a de nouveau accusée d'avoir pris part aux massacres.« Pour que nos deux pays commencent réellement à s'entendre, nous allons devoir regarder la vérité en face », a affirmé hier la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo, en réaction à la décision « injustifiée » de la France d'annuler sa participation aux célébrations du 20e anniversaire du génocide. Paris a pris cette décision après une interview de Paul Kagame parue hier, dans laquelle il accuse la France d'avoir joué, de même que l'ex-puissance coloniale belge, un « rôle direct dans la préparation du génocide » et d'avoir participé « à son...
commentaires (1)

On a l'exemple de la France complice des bourreaux contre les victimes , en 45, et celle au Rwanda et en Palestine avec les differents regimes depuis Chirac . Le Rwanda vient de gifler ce donneur de lecon de democratie a geometrie variable . Trouble moment dans l'histoire des droits de l'homme .

FRIK-A-FRAK

19 h 23, le 07 avril 2014

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Commentaires (1)

  • On a l'exemple de la France complice des bourreaux contre les victimes , en 45, et celle au Rwanda et en Palestine avec les differents regimes depuis Chirac . Le Rwanda vient de gifler ce donneur de lecon de democratie a geometrie variable . Trouble moment dans l'histoire des droits de l'homme .

    FRIK-A-FRAK

    19 h 23, le 07 avril 2014

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