« S'il y a un souhait que je formule de tout cœur, c'est bien celui de voir les nouveaux abattoirs réalisés de mon vivant, nous déclare le Dr Edouard Nehmé, chef du Service vétérinaire. Je crains malheureusement que mon vœu soit presque irréalisable. En effet, depuis 1920, du temps du conseiller Pommier – on devine pourquoi je me souviens de son nom – on parle de réaménager cette bâtisse immonde, qu'on n'a pas le droit d'appeler abattoirs. »
« Le projet est repris chaque année et, tout d'un coup, tiré par une main mystérieuse, il disparaît dans une oubliette. Il y a trois ans, Fouad Abdel Malek a été envoyé par la municipalité de Beyrouth en Europe pour étudier sur place les abattoirs les plus modernes. Le gouvernement a commandé des plans en Amérique. Une commission technique, dont je faisais partie, a même été chargée de préparer le projet des nouveaux abattoirs. Mais les plans n'ont pas été réalisés et la commission ne s'est jamais réunie. »
« Quant aux abattoirs actuels, ils sont dans un tel état de décrépitude qu'il est absolument illogique de songer à les réaménager. La bâtisse doit être complètement rasée, parce qu'elle constitue un danger pour la salubrité publique (...). Il est triste de constater qu'au Liban, c'est la capitale qui possède les abattoirs les plus défectueux. Ceux de Aley, de Sofar, de Bhamdoun, de Souk el-Gharb et de Zahlé sont beaucoup mieux tenus. Il est regrettable que des centres de villégiature importants tels que Dhour Choueir et Beit-Méry ne possèdent pas encore d'abattoirs. La manière dont les bouchers de la montagne procèdent est un véritable défi aux principes d'hygiène. » (...)


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