Les deux premières bombes ont explosé quasi simultanément devant des abris servant aux policiers en faction devant l’Université du Caire. Mahmoud Khaled/AFP
Trois bombes ont explosé hier au Caire, sur fond de répression violente à l'encontre des Frères musulmans décrétée « organisation terroriste ».
Deux engins ont d'abord explosé quasi simultanément en début d'après-midi devant des abris servant aux policiers en faction devant l'Université du Caire, bastion de la contestation islamiste contre le gouvernement installé par l'armée après la destitution et l'arrestation de Mohammad Morsi l'an dernier. Le général de brigade Tarek al-Mergawi, qui dirigeait un service de la police judiciaire du Caire, a été tué et cinq autres personnes ont été blessées, selon le ministère de l'Intérieur. Un autre général, Abdel Raouf al-Serafi, conseiller du ministre de l'Intérieur, figure parmi les blessés, de même que deux colonels et un lieutenant-colonel, ont indiqué des responsables des services de sécurité qui ont requis l'anonymat. « J'ai entendu les deux explosions et je suis sorti de l'université, j'ai vu le cadavre d'un homme en vêtements civils et un policier qui saignait à la jambe », a témoigné Amr Adel, étudiant à la faculté d'ingénierie. « J'attendais le bus quand j'ai entendu deux explosions. Il y avait de la poussière dans l'air et des policiers criaient », raconte un autre témoin, Sakta Mostafa. Le campus est le dernier bastion des manifestants pro-Morsi. Des étudiants islamistes y tiennent chaque jour des rassemblements, régulièrement dispersés par la police à coups de grenades lacrymogènes ou à l'arme automatique.
Une troisième bombe a explosé deux heures plus tard dans un parc devant l'entrée du campus où policiers et journalistes s'étaient rassemblés après les premières explosions. Cette déflagration n'a fait aucune victime, selon l'agence officielle MENA. Une quatrième bombe a été retrouvée par la police, et désamorcée, dans une voiture stationnée près de l'université, ont indiqué des responsables de la sécurité et la télévision d'État.
Les funérailles du général Mergawi, auxquelles a participé le Premier ministre par intérim Ibrahim Mahlab, se sont déroulées un peu plus tard dans la journée. Des policiers portaient le cercueil recouvert d'un tissu rouge. Ces nouveaux attentats surviennent quelques jours après que l'ancien chef de l'armée qui avait destitué Mohammad Morsi, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, a confirmé sa candidature à la présidentielle prévue les 26 et 27 mai.
Sanglante répression
Les attentats visant les policiers et l'armée se sont multipliés depuis que le gouvernement intérimaire s'est lancé dans une sanglante répression de toute manifestation pro-Morsi à la suite de l'éviction de ce dernier. Rappelons que plus de 1 400 protestataires ont ainsi été tués, selon Amnesty International. Plus de 15 000 pro-Morsi ont par ailleurs été arrêtés, en majorité des membres des Frères musulmans, l'influente confrérie islamiste du président déchu. La quasi-totalité de leurs leaders sont emprisonnés et encourent, à l'instar de M. Morsi, la peine de mort dans divers procès en cours. En représailles, des groupes insurgés ont revendiqué de nombreux attentats visant les forces de l'ordre, Ansar Beït al-Maqdess en tête, un groupe basé dans le Sinaï et s'inspirant d'el-Qaëda. Le gouvernement les attribue, lui, aux Frères musulmans et assure que 252 policiers, 187 soldats et 57 civils ont été tués dans des « attaques terroristes » depuis le 3 juillet.
Dans un communiqué, les Frères musulmans ont condamné les attentats d'hier et réclamé une enquête, appelant la population à « ne pas lancer des accusations sans preuve ». Ils ont par ailleurs indiqué qu'ils poursuivraient « leur marche pacifique pour atteindre les objectifs de (leur) légitime révolution ».
M. Sissi a promis d'« éradiquer le terrorisme » dans le pays, déserté par les touristes depuis la révolution qui a renversé le régime de Hosni Moubarak début 2011. Très populaire dans une opinion publique lassée par trois années de chaos et profondément hostile aux Frères musulmans, M. Sissi ne devrait avoir aucun mal à remporter la présidentielle, selon les experts qui mettent en avant la quasi-unanimité des médias égyptiens en sa faveur et l'absence de rival sérieux.
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Deux engins ont d'abord explosé quasi simultanément en début d'après-midi devant des abris servant aux policiers en faction devant l'Université du Caire, bastion de la contestation islamiste contre le gouvernement installé par l'armée après la destitution et l'arrestation de Mohammad Morsi l'an dernier. Le général de brigade Tarek al-Mergawi, qui dirigeait un service de la police judiciaire du Caire, a été tué et cinq autres personnes ont été blessées, selon le ministère de l'Intérieur. Un autre général, Abdel Raouf al-Serafi, conseiller du ministre de l'Intérieur, figure parmi les blessés, de même que deux colonels et un lieutenant-colonel, ont indiqué des...

