Comme dans le film « Paris brûle-t-il ? » , Byblos n'a pas brûlé, tel qu'annoncé dans notre édition de jeudi, à l'occasion du 1er avril.
La rédaction du « Jour »a été assaillie par des dizaines de coups de téléphone émanant de journalistes et d'agences de presse. (...) « Pourquoi les pompiers de Beyrouth n'ont-ils pas prêté leurs concours à leurs confrères de Jbeil ? » « Que va faire le service des Antiquités ? »
Jouant le jeu, les rédacteurs répondaient à toutes ces questions, ajoutant même des détails incandescents de leur crû.
À Byblos, l'émoi a atteint son paroxysme. Une centaine de curieux jbeiliotes et beyrouthins ont accouru pour voir « les ruines tombées en cendres ».
« Dès que j'ai lu la nouvelle, nous a déclaré Pépé Abed, propriétaire du Byblos Fishing club, j'ai couru aux ruines. Mais là, voyant le fort toujours debout, intact, j'ai compris deux choses : que c'était une farce du 1er avril et qu'il fallait que je prépare dans mon restaurant de (vrais) poissons pour nourrir les nombreux curieux que ne manquera pas d'attirer dans le patelin ce poisson magistralement appâté. »
La photo du fort de Byblos incendié est tirée du film « Rififi à Beyrouth » dont les décors et effets spéciaux ont été réalisés par Maurice Labbaye-Fénicovy, travail d'un réalisme si parfait que les cinéphiles n'y verront que du feu.
René A. Najjar


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