Le Conseil des ministres à son ouverture... avant l’orage ! Photo Dalati et Nohra
Il ne sera pas dit que Michel Sleiman achèvera son mandat en paix. Réuni hier en fin d'après-midi au palais de Baabda, le Conseil des ministres a été suspendu, 90 minutes durant, en milieu de soirée, en raison de divergences sur les nominations. La suspension a failli mal tourner et selon notre correspondante au palais présidentiel, Hoda Chédid, l'implosion du gouvernement a été évitée de justesse.
Que s'est-il donc passé ? À l'ordre du jour de la réunion figuraient deux nominations complémentaires indispensables pour l'entrée en vigueur et la bonne marche d'un plan de sécurité global comprenant la pacification, ou au moins la neutralisation des grandes zones de friction entre sunnites et chiites (ou alaouites) au Liban : les deux quartiers de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen à Tripoli, Ersal, certains quartiers de Beyrouth et Saïda.
Ces nominations sont celle du général Ibrahim Basbous, qui doit être confirmé à la direction des Forces de sécurité intérieure qu'il occupe par intérim, et celle de Samir Hammoud, lui aussi intérimaire, comme procureur général près la Cour de cassation. Les deux nominations sont mises au crédit du 14 Mars.
Conduits par le Hezbollah, un certain nombre de ministres ont protesté contre le procédé consistant à nommer des responsables au cas par cas et ont souhaité que d'autres nominations, toutes aussi nécessaires sinon plus, selon eux, soient également approuvées, comme celles d'un nouveau président de la Cour des comptes et d'un président pour le Conseil de la Fonction publique.
Ces divergences ont perturbé le cours de la séance de travail et conduit le chef de l'État et le président du Conseil, Tammam Salam, à quitter la salle, suivis de quelques ministres, dans un climat de tension, de profonde contrariété et même de colère. Des conciliabules qui ont suivi, des orientations générales ont été dégagées, mais à la reprise de la réunion il était évident qu'elles étaient insuffisantes pour permettre une poursuite tranquille du travail. Les nominations considérées comme urgentes ont donc été reportées, en attendant d'être jumelées avec d'autres décisions d'ordre sécuritaire et judiciaire de nature à leur donner « l'équilibre » politique nécessaire pour passer.
Le Conseil des ministres a fini par être reporté à mercredi (17 heures).
Les décisions
Toutefois, le gouvernement a pu renouveler les mandats de trois des quatre vice-gouverneurs de la Banque du Liban ainsi que les contrats des deux opérateurs de téléphonie mobile Alfa et Touch. Le mandat du quatrième vice-gouverneur, relevant de la communauté arménienne, a été prorogé mais non renouvelé, en attendant qu'un successeur lui soit désigné.
Les opérateurs de la téléphonie mobile ont vu leurs contrats renouvelés pour trois mois, à charge pour ces mandats d'être renouvelés mensuellement, par la suite, la période totale de renouvellement ne devant pas dépasser six mois.
Le Conseil des ministres a également approuvé hier le don de 3 milliards de dollars offerts par l'Arabie saoudite pour équiper l'armée. Toutefois, la procuration de signature accordée au commandant de l'armée, en rapport avec ce don, doit être réexaminée, ont demandé les ministres du 8 Mars.
En gros, les nominations supplémentaires destinées à compléter celles du général Basbous et de M. Hammoud s'élèvent à 8 ou 10, a précisé notre correspondante Hoda Chédid.
Climat inadmissible
Le général Achraf Rifi devait révéler que le Hezbollah et Amal ont exigé la nomination d'une personnalité chiite, dont il n'a pas révélé le nom, à un poste élevé de sécurité. Selon le ministre de la Justice, le spectacle que le Conseil des ministres offrait était quasiment « honteux », voire « inadmissible ». « Que dirons-nous à nos enfants ? » s'est-il exclamé.
Élias Abou Saab , le ministre de l'Éducation, a affirmé pour sa part que la séance a été « un modèle de ce qui ne doit plus se produire... ».
Notons qu'à l'ordre du jour du Conseil des ministres figurait aussi le dossier de l'octroi de concessions de forage et d'extraction de dérivés pétroliers sous-marins. Les membres de l'instance de régulation de ce secteur ont vainement attendu, dans une salle attenante au Conseil des ministres, que ce point de l'ordre du jour soit abordé. Ils n'ont finalement été témoins que de la « honteuse » représentation qu'ont offerte à l'opinion les ministres présents.
Lire aussi
Le dialogue national s'ouvre sur la déclaration de Baabda
Aujourd'hui au Parlement, une séance explosive et des sujets socio-économiques épineux
Que s'est-il donc passé ? À l'ordre du jour de la réunion figuraient deux nominations complémentaires indispensables pour l'entrée en vigueur et la bonne marche d'un plan de sécurité global comprenant la pacification, ou au moins la neutralisation des grandes zones de friction entre sunnites et chiites (ou alaouites) au Liban : les deux quartiers de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen à Tripoli, Ersal, certains quartiers de...


Dommage !
11 h 26, le 02 avril 2014