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Culture - Festival International D’Abou Dhabi

Bill Fontana érige le silence du désert en sculpture sonore...

Au Palais des Émirats, dans un espace compartimenté tout en blanc de presque 2 000 m2, dix créations sonores et visuelles (photos et vidéos) signées Bill Fontana occupent les lieux.

Traduire le silence même à travers les galets.

Témoignage pointu pour le chant du monde et surtout des objets inanimés qui ont bien une âme, comme l'ont déjà d'ailleurs pressenti les poètes. Le désert même est source d'inspiration et de beauté.
Parcours atypique d'un artiste de soixante-huit ans, né au Cleveland et, phénomène inédit, venu à l'art de sculpter sons et silences (termes un peu insolites si ce n'est surprenant !), surtout à travers ses recherches sur la musique expérimentale.


Aujourd'hui ces œuvres ne s'inscrivent plus dans la provocation ou l'incongruité, mais suscitent partout intérêt, curiosité, interrogation et considération. Pour un environnement pourtant familier et auquel on n'a jamais vraiment prêté ni oreilles ni regards attentifs. Et voilà qu'il démystifie brusquement tout, comme un bibelot qu'on astique et qu'on dépoussière pour mieux le voir s'illuminer. De sa réalité un peu négligée, oubliée, presque mise sous le boisseau...


De la tour Eiffel à un temple de Kyoto, en passant par le pont de Brooklyn à San Francisco, le Big Ben de Londres ou tout simplement le pont Sheikh Zayed de la ville où son exposition fait courir toute la ville, Bill Fontana traque les sons et reste à l'affût des monuments pour mieux écouter leur vibration, la teneur de leur silence ou même leur respiration.
Tout est retenu à partir de l'auditif, car tout palpite et vibre. Même le silence de cette cloche qui, sans sonner carillon ou tocsin, laisse s'échapper comme un nuage de mysticisme, de recueillement, de piété. On entend les poulies de la tour Eiffel, on sent le grincement de la ferraille et des lourds métaux d'un pont suspendu en l'air sur des flots qui respirent un vent mugissant ou apaisé, on perçoit les bruits des aiguilles d'une montre qui fascine, on écoute dans l' « earphone » le pépiement des oiseaux lors d'une éclipse solaire en Australie, on reste médusé devant le crissement des sables du désert qui a parfaitement les sonorités des vagues qui battent le gravier des côtes...


Dans ce sillage de recherche et d'innovation, et en termes d'échange culturel, on observe avec avidité la modernité de la composition de l'artiste Mohammad Kazem. Dans une lumière bleutée et verte, il donne à voir un ensemble d'écritures où se mêlent, en une géographie chimérique et fantaisiste, des signes de GPS avec chiffres, lettres, latitudes et autres directives et directions... Pour un retour aux sources et à la tradition, un « bourquo3 » (sorte de loup pour les yeux) en paille de palme colorée et tressée comme une étoffe, portant la griffe d'une femme designer Mona Obeid al-Swaidi...
Monde étrange et difficilement saisissable, au sens premier et physique du terme, que celui de Bill Fontana qui, avec ses microphones, ses amplificateurs et ses détecteurs, ne laisse rien au hasard et encore moins passer inaperçu.


Ici, même le vent, surtout le vent, est capté, mesuré, emprisonné, sculpté comme un morceau de bois. Comme un bout de marbre ou une pierre à qui on donne une vie nouvelle...

Témoignage pointu pour le chant du monde et surtout des objets inanimés qui ont bien une âme, comme l'ont déjà d'ailleurs pressenti les poètes. Le désert même est source d'inspiration et de beauté.Parcours atypique d'un artiste de soixante-huit ans, né au Cleveland et, phénomène inédit, venu à l'art de sculpter sons et silences (termes un peu insolites si ce n'est surprenant !), surtout à travers ses recherches sur la musique expérimentale.
Aujourd'hui ces œuvres ne s'inscrivent plus dans la provocation ou l'incongruité, mais suscitent partout intérêt, curiosité, interrogation et considération. Pour un environnement pourtant familier et auquel on n'a jamais vraiment prêté ni oreilles ni regards attentifs. Et voilà qu'il démystifie brusquement tout, comme un bibelot qu'on astique et qu'on dépoussière pour...
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