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Agenda - Alain Bifani

Hommage à Jacques Ferrand

Ceux qui ont connu de près Jacques Ferrand ont eu beaucoup de chance. Parce qu'ils ont nécessairement ressenti beaucoup de bienveillance, admiré une sagesse monumentale et bénéficié d'inestimables conseils lâchés quand ils font mouche, et prodigués avec la bonté et le naturel qui lui collaient à la peau. Ils ont sûrement passé des moments inoubliables après lesquels ils se sont demandé ce qui avait été le plus agréable : l'immense culture du personnage ou sa douce ironie distillée du coin de ses lèvres souriantes, les yeux brillants s'assurant que chaque mot faisait son effet.
Quand Jacques Ferrand balayait les petites choses d'un revers de la main, il révélait toute sa grandeur tout en exprimant une résignation qui ne trompait personne. C'était simplement une forme de modestie toute à lui : il aimait à camoufler son détachement et la force phénoménale qu'il lui procurait sous une prétendue incapacité à influencer son monde. Par contre, il savait sans doute pertinemment bien qu'il lui était impossible de cacher la grandeur du cœur et la noblesse de l'esprit, qui étaient évidentes en toutes circonstances du fait d'un caractère naturel dénué de tout artifice.
Vous vous sentez sûrement bien où vous êtes, Jacques. Vous êtes d'ailleurs de ceux qui devraient se sentir bien partout. Vous êtes en tout cas de ceux qui rendent la vie tellement plus belle, et qui marquent pour la vie. La gentillesse est la noblesse de l'intelligence, disait Jacques Weber en 2002. Il vous avait sans doute rencontré.

Bien affectueusement,

 

Ceux qui ont connu de près Jacques Ferrand ont eu beaucoup de chance. Parce qu'ils ont nécessairement ressenti beaucoup de bienveillance, admiré une sagesse monumentale et bénéficié d'inestimables conseils lâchés quand ils font mouche, et prodigués avec la bonté et le naturel qui lui collaient à la peau. Ils ont sûrement passé des moments inoubliables après lesquels ils se sont demandé ce qui avait été le plus agréable : l'immense culture du personnage ou sa douce ironie distillée du coin de ses lèvres souriantes, les yeux brillants s'assurant que chaque mot faisait son effet.Quand Jacques Ferrand balayait les petites choses d'un revers de la main, il révélait toute sa grandeur tout en exprimant une résignation qui ne trompait personne. C'était simplement une forme de modestie toute à lui : il aimait à...