C'est à un accueil triomphal que le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a eu droit hier après-midi, à son retour d'une tournée de 42 jours en Amérique du Nord. Près de 200 000 personnes représentant toutes les régions (notamment périphériques) ainsi que l'ensemble des partis et courants chrétiens (mais aussi le PSP) se sont rassemblées dans la grande place et sur les routes menant à Bkerké pour ovationner celui qui est désormais perçu comme le porte-étendard de la lutte pour la souveraineté nationale et contre la tutelle syrienne.
Cette liesse populaire a constitué un véritable plébiscite pour l'indépendance et la liberté de décision face au diktat de Damas. À l'arrivée de Mgr Sfeir à Bkerké, des milliers de manifestants du courant aouniste, des Forces libanaises, des Kataëb et du PNL ont scandé d'une seule voix : « Syrie dehors ». De Jal el-Dib à Jounieh, en passant par Dbayé, les manifestants axaient leurs propos sur ce même thème du refus de la tutelle syrienne.
Dans un discours modéré prononcé devant la foule en délire massée à Bkerké, le patriarche maronite n'a pas évoqué explicitement le problème de la présence syrienne, mais il n'en a pas moins dénoncé la « tutelle » imposée au Liban, condamnant par la même occasion « la manipulation de la volonté populaire ». Les observateurs n'ont pas manqué de relever que Mgr Sfeir a vanté en outre les mérites de la circonscription uninominale en vigueur aux États-Unis.
À son arrivée à l'aéroport de Beyrouth, le cardinal Sfeir devait souligner sans détour que « revendiquer l'indépendance est un droit légitime pour tous ». « Tous les Libanais le demandent, même si tous ne le réclament pas tout haut », a-t-il souligné, précisant que certains responsables officiels sont favorables « dans leur for intérieur » à cette revendication d'indépendance « même s'ils ne le disent pas à haute voix ».


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13 h 52, le 28 mars 2014