Professeurs et étudiants ont manifesté hier à Caracas contre le gouvernement et le président Nicolas Maduro. Ils ont notamment réclamé l’envoi d’observateurs de l’ONU. Juan Barreto/AFP
Le gouvernement vénézuélien a poursuivi sa politique de mise au pas de la contestation, qu'il affronte depuis six semaines, avec l'arrestation lundi soir de trois généraux accusés par le président Nicolas Maduro de « tentative de coup d'État ». Aucun détail n'a été fourni sur l'identité ni les fonctions des trois généraux. En outre mardi, l'opposant Daniel Ceballos et maire de San Cristobal, capitale de l'état de Tachira, berceau des protestations au Venezuela, a été condamné à un an de prison pour n'avoir pas mis fin à la violence dans cette ville.
M. Maduro, au pouvoir depuis avril 2013 après avoir remporté de justesse la présidentielle, accuse régulièrement l'opposition de planifier des putschs contre son gouvernement, avec le soutien des États-Unis, dont il a expulsé plusieurs diplomates. Depuis février, le pouvoir a déjà fait arrêter le fondateur d'un parti politique, Leopoldo Lopez (Volonté populaire, droite), deux maires – Daniel Ceballos (San Cristobal) et Enzo Scarano (San Diego) –, et obtenu la destitution d'une députée de l'opposition, Maria Corina Machado.
Nicolas Maduro prétend avoir pour objectif de faciliter le dialogue entre le pouvoir et la société vénézuélienne. Mais selon des analystes, les conditions ne sont pas réunies pour mener ce dialogue. « Le président appelle au dialogue, mais dans le même temps harcèle ses adversaires. Cela n'est pas un véritable appel au dialogue (...) », selon la politologue Carmen Beatriz Fernandez. « Il place l'opposition dans une position de subordination, ainsi le dialogue est infiniment difficile, il n'y a aucun geste de bonne volonté au-delà d'une rhétorique appelant à la discussion », renchérit l'historienne Margarita Lopez Maya.
(Source : AFP)

