Il est une constante vérité que «l'homo libanus» est gourmand et hostile au changement. Il veut conserver son état actuel et en même temps bénéficier de toutes les innovations et les opportunités. Or le changement suscite chez les humains les réactions les plus diverses, allant de l'espoir le plus fou, thème de l'Apocalypse, jusqu'à la crainte, voire la phobie. À moins qu'il n'engendre qu'une réaction désabusée, comme le montre le roman Il Gattopardo de Giuseppe Tomasi di Lampedusa.
«L'homo libanus» veut bénéficier de l'appui militaire iranien et de l'argent saoudien. Il veut rester dans l'axe de la «moumana'a» et envoyer sa femme délivrer sa progéniture aux États-Unis. Il veut propager un discours antisémite tous azimuts en préservant la décision onusienne 1701. Il veut s'immiscer dans la guerre civile syrienne tout en sauvegardant la paix civile au pays du Cèdre. Il veut la confrontation et pleure son économie. Il veut être moderne tout en brimant les droits de la femme et des homosexuels. Il veut être laïque tout en restant confessionnel et ségrégationniste. Il veut l'unité tout en œuvrant pour accentuer les différences.
Bref, il veut être iranien, arabe, occidental, russe, conservateur, moderne... et surtout faire de l'argent. Il veut le beurre et l'argent du beurre. Chez les animaux, le comportement est programmé une fois pour toutes, ce qui permet de les chasser. Seul l'homme a la capacité de modifier consciemment son comportement pour improviser et quitter l'ornière de la routine. La plupart préfèrent le confort de l'habitude, ils s'abandonnent à leur nature animale et répètent inlassablement les mêmes actes. Ils agissent ainsi parce que cela ne nécessite aucun effort et parce qu'ils croient à tort que s'ils ne dérangent pas les autres, on les laissera tranquilles.
Or cette apathie de «l'homo libanus» a fini par jouer le rôle d'un aimant qui a fini par attirer au pays du Cèdre tous les «hommo devorare». Citons rapidement l'Égypte de Nasser, la Palestine de Arafat, la Syrie d'Assad, l'Israël de Sharon, etc. Phénomène qui a fait du pays du miel et de l'encens le pays des larmes et du sang. La nation libanaise est touchée profondément par une paresse intellectuelle sans pareille, un orgueil démesuré, un appât de gain sans limite, la luxure, l'envie... le tout épicé par un grain de colère. On parle de démocratie confessionnelle consensuelle sans pour autant assumer la partition. D'unité nationale sans pour autant envisager la laïcité. De souveraineté nationale tout en écartant une possible neutralité permanente du pays. De rhétorique de conflit contre l'ennemi sioniste sans passer à la guerre. De fraternité arabe sans pour autant passer à la coopération économique. D'égalité sociale sans pour autant envisager des reformes économiques structurelles. De résistance sans pour autant envisager de bâtir l'État. De religion sans pour autant sauvegarder la morale. Or, par définition, un choix est un ensemble au sein duquel un individu ou un groupe doivent sélectionner une ou plusieurs options, le processus par lequel cette opération est menée à bien et le résultat de ladite opération. C'est la tragédie libanaise similaire au roman de William Styron Sophie's Choice.
Un «choix de Sophie» est un dilemme, c'est-à-dire un choix tragique entre deux options insoutenables. Un thème majeur du roman est la culpabilité. Sophie explique: «Je me sens tellement coupable de toutes les choses que j'ai faites là-bas. Et même d'être encore en vie. Cette culpabilité est quelque chose dont je ne peux pas et je pense que je ne pourrais jamais me délivrer. Je sais que je ne m'en délivrerai jamais. Jamais. Et parce que je ne pourrais jamais m'en délivrer, c'est peut-être la pire chose que les Allemands m'aient laissée.» L'«homo libanus» est complètement inhibé par ses sentiments primitifs et contradictoires qui submergent sa personnalité ressemblant à un encéphalogramme maniaco-dépressif oscillant sans cesse entre des phases euphoriques et des phases dépressives. De violence sectaire et d'amour fraternel. De guerre et de réconciliation. De construction et de destruction. Nous pouvons citer le fameux discours de Martin Luther King, «J'ai fait un rêve»: Ceci est notre espoir. C'est en cette confiance que je rentre au Sud.
Avec cette foi nous pourrons tailler dans la montagne du désespoir une pierre d'espérance. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordes de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, se révolter ensemble pour la liberté, en sachant qu'un jour nous serons libres.
Ce jour sera celui où tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau. «Mon pays, c'est de toi, doux pays de liberté, c'est de toi que je chante. Pays où reposent mes aïeux, pays fierté des pèlerins, de chaque versant de la montagne, que retentisse la liberté.» Ce troupeau désorienté a besoin plus que jamais de leadership qui puisse le guider à bon port. Un leadership semblable à celui de Nelson Mandela, de Martin Luther King, de Gandhi. Un leadership qui prônera un projet embrassant les diversités libanaises. Un leadership visionnaire qui fournit des conseils à la nation en précisant ce qu'il veut atteindre. Un leadership montrant la voie pour tous ceux qui ont besoin de comprendre ce qu'est l'État et où il entend aller selon les termes de Burt Nanus. Un leadership visionnaire, décrivant non seulement les objectifs à atteindre, mais aussi les moyens de les accomplir. Un leadership offrant une «idée d'œuvre», selon l'expression de Maurice Hauriou. Une image de l'avenir pour laquelle les gens sont prêts à travailler. Une force qui donne un sens à l'action de la nation. Un leadership qui répond aux questions: Qui est impliqué? Que faut-il accomplir? Pourquoi faut-il faire cela? Où faut-il aller? Un leadership qui non seulement offre une vision de l'avenir, une image d'un futur désiré, mais aussi qui encourage les gens à travailler, à lutter pour sa réalisation. Où est la force de notre jeunesse? Retroussez vos manches et au travail!
«L'homo libanus» veut bénéficier de l'appui militaire iranien et de l'argent saoudien. Il veut rester dans l'axe de la «moumana'a» et envoyer sa femme délivrer sa progéniture aux États-Unis. Il veut propager un discours antisémite tous azimuts en préservant la décision onusienne 1701. Il veut s'immiscer dans la guerre civile...


AVEC CES DESCRIPTIONS IL NE S'AGIT PLUS D'HOMO LIBANUS TOUT SIMPLEMENT... MAIS DE : PRIMATUS- ABRUTICUS-LIBANESCUS...
17 h 48, le 25 mars 2014