Un responsable de l’armateur norvégien Höegh Autoliners, qui a envoyé sur place un de ses navires, indique sur un écran représentant une carte géographique l’endroit où les présumés débris du vol MH370 ont été repérés par des satellites. Terje Bendiksby/NTB Scanpix/Reuters
L'Australie a prudemment relancé hier l'enquête sur la disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines en annonçant la détection de deux « objets » dans le sud de l'océan Indien, après bientôt deux semaines de fausses pistes et d'espoirs déçus. Isolés par imagerie satellitaire, ces objets – dont l'un fait 24 mètres – sont « probablement la meilleure piste que nous ayons pour le moment », a estimé un haut responsable de l'Autorité australienne de sécurité maritime (AMSA), John Young. « Mais il faut que nous nous rendions sur place (...) pour savoir si cela vaut quelque chose ou non », a-t-il prévenu. Le Premier ministre australien Tony Abbott avait fait état peu auparavant, devant le Parlement, d'informations « nouvelles et crédibles, basées sur des données satellitaires, d'objets qui pourraient être liés aux recherches ».
David Kaminski-Morrow, de la revue spécialisée Flight International, a lancé une mise en garde contre tout excès d'optimisme : « C'est la meilleure piste tout simplement parce que c'est la seule », a-t-il dit.
Les photos ont été prises dimanche, ce qui signifie que les « objets » ont pu dériver depuis. Pour le ministre australien de la Défense, David Johnston, c'est « un cauchemar logistique. Nous sommes dans une région parmi les plus isolées de la planète. En fait, on peut difficilement faire plus isolé ». Cette région est située dans le sud de l'océan Indien, à 2 500 km au sud-ouest de la ville australienne de Perth. Un navire norvégien est arrivé hier dans cette zone « pour participer aux recherches », selon une porte-parole de l'armateur norvégien Höegh Autoliners. De même, un navire militaire britannique, le HMS Echo, en patrouille dans l'océan Indien, a été dépêché sur les lieux. Un avion militaire Orion a également été envoyé et trois autres appareils suivront ainsi qu'un navire marchand.
La gestion de la crise par les autorités malaisiennes, jugée chaotique, suscite depuis plusieurs jours la colère et la frustration des proches des passagers, dont deux tiers étaient des Chinois. Dans l'hôtel de Pékin où se déroulent les réunions entre proches et responsables de Malaysia Airlines, l'annonce de la possible localisation de débris du vol MH370 a été reçue avec des sentiments mitigés, sans alléger l'insupportable tension liée à l'attente. Pour sa part, le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué « attacher une grande importance » aux informations de Canberra et précisé que Pékin se tenait « prêt à agir de façon adaptée en fonction de ces dernières circonstances ».
(Source : AFP)

