« Qui aurait pu imaginer que, dans la France de 2014, le droit au respect de la vie privée serait bafoué (...) ? », a dit hier Nicolas Sarkozy. Valery Hache/AFP
L'ancien président français Nicolas Sarkozy a rejeté en bloc hier toutes les accusations de corruption le concernant dans une tribune au journal Le Figaro, sa première réaction à toutes les affaires dans lesquelles il est cité.
« Il est aujourd'hui de mon devoir de rompre ce silence. Si je le fais, c'est parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupules sans précédent », affirme M. Sarkozy, en dénonçant notamment sa mise sur écoutes par des juges et celle de son avocat et décriant des méthodes dignes de la Stasi, la police politique de l'ex-RDA. Prenant les Français à témoin, M. Sarkozy récuse les accusations le visant et épingle « la calomnie érigée en méthode de gouvernement » et l'instrumentalisation de la justice « par des fuites opportunément manipulées ».
« Qui aurait pu imaginer que, dans la France de 2014, le droit au respect de la vie privée serait bafoué par des écoutes téléphoniques ? Le droit au secret des conversations entre un avocat et son client volontairement ignorés? » écrit-il. « Les juges entendent les discussions que j'ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne », ajoute-t-il. « Aujourd'hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu'elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n'est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi. Il ne s'agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l'endroit de ses opposants. Il s'agit de la France », a insisté M. Sarkozy.
Pour sa part, l'avocat de l'ex-président, Thierry Herzog, a annoncé qu'il déposerait une plainte pour violation du secret de l'instruction, a dénoncé la publication d'écoutes « tronquées » et appelé le procureur national financier à rendre publics les éléments de la procédure prouvant ses dires.
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a réagi, estimant que M. Sarkozy a commis une « grave faute morale » en mettant en cause « l'honneur de la police et de la justice ».
(Sources : agences)

