Au-dessus de l’océan Indien, un pilote de l’aviation australienne scrute l’horizon de ses binoculaires espérant trouver une hypothétique trace de l’avion disparu de Malaysia Airlines. Photo AFP
La Chine a entamé hier des recherches sur son territoire, dix jours après la disparition mystérieuse du vol MH370 de Malaysia Airlines avec 239 personnes à bord.
Les opérations mobilisent, rappelons-le, les efforts de plus de 25 pays dans de vastes régions du monde : du nord de la Thaïlande à l'Asie centrale pour le corridor nord (qui recouvre une partie de la Chine), de l'Indonésie au sud de l'océan Indien pour le corridor sud. « La zone de recherche totale est désormais de 2,24 millions de milles nautiques carrés (7,7 millions de km2) », a déclaré hier le ministre malaisien des Transports, Hishammuddin Hussein. En comparaison, l'Australie a une superficie d'environ 7,6 millions de km2. Dans l'océan Indien, où la zone de recherches couvre 600 000 km2, l'opération « prendra au moins quelques semaines », a prévenu un responsable australien.
Alors que l'enquête entre dans son 11e jour, les éléments connus avec certitude sont rares, parfois contradictoires, et suscitent la sidération face à ce qui apparaît comme l'un des plus grands mystères de l'histoire de l'aéronautique moderne. La désactivation des systèmes de communication de l'appareil et son changement radical de trajectoire ont été « délibérés », selon les autorités malaisiennes. Des enquêteurs américains cités par le New York Times avancent que ce changement de cap n'a pas été effectué manuellement, mais via un code informatique vraisemblablement programmé par une personne dans le cockpit grâce au système de gestion de vol, logiciel utilisé par les pilotes. Ainsi, les deux pilotes sont-ils au centre de l'enquête : la possibilité d'un suicide du pilote ou du copilote est envisagée, mais ce n'est qu'une piste parmi d'autres.
Les enquêteurs cherchent maintenant à établir une chronologie précise des événements survenus dans l'heure suivant le décollage. Pendant cet intervalle crucial, ont été désactivés le système ACARS permettant d'échanger des informations entre l'appareil et sa compagnie ainsi que le transpondeur qui géolocalise l'appareil. Si l'ACARS a cessé d'émettre exactement en même temps que le transpondeur, l'hypothèse d'une panne technique reviendrait sur le devant de la scène.
Depuis le départ, les autorités malaisiennes sont la cible de vives critiques pour leur gestion jugée chaotique de cette crise. Kuala Lumpur se défend en soulignant le caractère « sans précédent » de l'affaire. La Chine s'est montrée très véhémente à l'égard de la Malaisie, mais l'indignation de Pékin contraste avec sa propre tendance à l'opacité. L'ambassadeur de Chine en Malaisie a ainsi indiqué que Pékin « n'a trouvé aucune preuve que des passagers chinois aient pu détourner l'avion ou être les auteurs d'un attentat ». La Malaisie avait demandé aux pays dont des ressortissants étaient des passagers de vérifier leurs antécédents. Selon des responsables de la sécurité américains et européens, les vérifications effectuées par divers gouvernements sur les passagers et membres d'équipage n'ont pas, à ce jour, révélé de liens avec des groupes d'activistes ou quoi que ce soit d'autre qui pourrait expliquer ce mystère.
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