La Fed a toute raison pour poursuivre la réduction de son programme d'achats d'actifs de 10 Md$ (55 Md). C'est d'ailleurs l'avis unanime des prévisionnistes. Mais ce point étant (presque) acquis, la réunion du FOMC aura surtout pour enjeu de revoir la forward guidance. Plus grand-monde n'est satisfait de sa formulation actuelle, ni une colombe comme Charles Evans ni un faucon comme Charles Plosser. La référence au seuil des 6,5 % de taux de chômage pose problème. Ce seuil est en effet presque atteint mais, pour autant, la Fed ne veut pas envoyer un signal de remontée rapide des taux d'intérêt. Se débarrasser de ce seuil serait bienvenu mais que mettre à la place... Un autre seuil ? C'est risqué, donc peu probable. Une formulation plus vague ? C'est l'option la plus facile, d'ailleurs déjà suivie par la Banque d'Angleterre. En fait, la question-clé est de savoir à quoi sert le guidage des anticipations. Est-ce juste une manière d'accroître la transparence ou bien en engagement à ne pas suivre ce qu'une règle monétaire classique justifierait (sortir de la politique de taux zéro) ? L'enjeu est donc bien plus fondamental que la modification de quelques mots. On suivra aussi de près les nouvelles prévisions de la Fed, incluant la trajectoire future des taux.

