Les études manquent pour cerner l’efficacité réelle de la cigarette électronique dans la lutte contre le tabagisme. Photo Kenzo Tribouillard/AFP
La cigarette électronique est un outil dans la lutte contre le tabagisme, mais les études manquent, notamment pour en cerner l'efficacité réelle et ses potentiels effets nocifs. C'est ce qu'estime Gérard Mathern, secrétaire général de la Société française de tabacologie, dans une interview accordée à l'AFP.
Q : Quel est l'intérêt de la cigarette électronique dans la lutte contre le tabagisme ?
Notre arsenal thérapeutique dans la lutte contre le tabagisme est limité aux substituts nicotiniques, aux médicaments. Il y a une pauvreté assez remarquable sur les moyens thérapeutiques. Donc tout ce qui va apparaître est bon à prendre en compte si l'on fait la preuve qu'il n'y a pas ou qu'il y a moins de danger que le tabac. Actuellement, on n'a pas encore assez de recul pour dire que la cigarette électronique permet aux gens d'arrêter de fumer. Par contre, ce que les études montrent, c'est qu'on réduit les risques. Si les gens « vapotent », ils fumeront moins et absorberont moins de toxiques. C'est beaucoup moins dangereux que le tabac, auquel elle est une bonne alternative. La grande inconnue reste les arômes : sont-ils ou non dangereux à long terme ?
Que sait-on de la potentielle nocivité de la cigarette électronique ?
Pas grand-chose. Ce qui est nocif dans la cigarette « classique », ce sont le monoxyde de carbone et les goudrons. Dans la cigarette électronique, il n'y en a pas. Ou alors à des doses très inférieures. Il n'y a pas de toxicité à court terme avérée. Ce qu'on connaît, a contrario, c'est la toxicité très forte, à court et à long terme, du tabac. C'est un dispositif très notablement moins toxique qui semble permettre, dans des proportions intéressantes, de réduire la quantité de tabac inhalée chez le fumeur, voire, potentiellement, de le faire arrêter complètement, même si on n'a pas encore de preuve évidente de son efficacité sur le sevrage tabagique.
L'essor de la cigarette électronique est très récent, les études manquent-elles pour en cerner tous les aspects sanitaires ?
Il faut essayer de mettre en place des études méthodologiquement irréprochables sur la potentialité de la toxicité à long terme et l'arrêt du tabac. Une étude solide nécessite près de deux ans de travail. La cigarette électronique a émergé il y a deux ans, c'est très court pour le monde scientifique. La vérité, c'est la méthodologie : si vous avez une très belle étude, bien montée, méthodologiquement irréprochable et qui va montrer quelque chose, on la croira. Ce n'est pas encore le cas. On a des présomptions d'efficacité et des témoignages. Mais le témoignage n'est pas la preuve.
Q : Quel est l'intérêt de la cigarette électronique dans la lutte contre le tabagisme ?Notre arsenal thérapeutique dans la lutte contre le tabagisme est limité aux substituts nicotiniques, aux médicaments. Il y a une pauvreté assez remarquable sur les moyens thérapeutiques. Donc tout ce qui va apparaître est bon à prendre en compte si l'on fait la preuve qu'il n'y a pas ou qu'il y a moins de danger que le tabac. Actuellement, on n'a pas encore assez de recul pour dire que la cigarette électronique permet aux...


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