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Moyen Orient et Monde - Révolte

Le régime syrien marque des points avec la chute de Yabroud

La prise de la cité rebelle permet à Assad de sécuriser la voie reliant son fief alaouite à Damas tout en coupant la voie d'approvisionnement des rebelles à partir du Liban.

Les troupes du régime syrien appuyées par le Hezbollah ont pris hier la totalité de la ville stratégique de Yabroud, enregistrant une avancée importante dans la guerre contre les rebelles, entrée dans sa quatrième année. Joseph Eid / AFP

Les troupes du régime syrien appuyées par le Hezbollah ont pris hier la totalité de la ville stratégique de Yabroud, enregistrant une avancée importante dans la guerre contre les rebelles, entrée dans sa quatrième année.


« Nous avons pris le contrôle total de la ville ce matin », a affirmé à l'AFP un officier, soulignant que la bataille avait été particulièrement « difficile ». La participation active des combattants du Hezbollah, dont le fief s'étend de l'autre côté de la frontière, dans la plaine de la Békaa, a permis aux forces gouvernementales syriennes d'asseoir leur autorité dans la région.


La télévision syrienne a montré des images de combattants morts ainsi que des chars et des véhicules blindés entrant dans la ville. Un journaliste de l'AFP est entré dans ce qui était le dernier fief rebelle dans les montagnes de Qalamoun, peu après que l'armée eut annoncé l'avoir reconquis à l'issue d'une bataille de 48 heures. Il a constaté que de nombreux soldats et supplétifs de l'armée gouvernementale se reposaient assis sur les trottoirs, la mine fatiguée, et des immeubles portaient les traces des violents combats.

 

(Lire aussi : Appels à mettre fin au carnage alors que la Syrie est entrée dans sa quatrième année de conflit)


Selon une source militaire syrienne, la plupart des rebelles ont abandonné la ville avant l'aube, au lendemain de l'offensive lancée par les forces loyalistes. La télévision d'État a également annoncé la prise de la ville et la neutralisation d'une « grande quantité d'explosifs laissés par les terroristes ».


La prise de Yabroud permet au président syrien Bachar el-Assad de sécuriser la voie reliant son fief alaouite sur la côte méditerranéenne à la capitale tout en coupant la voie d'approvisionnement des rebelles à partir du Liban. Outre l'importance symbolique de cette ville passée sous le contrôle des rebelles dès les débuts du soulèvement lancé le 15 mars 2011, sa proximité de la frontière libanaise et de l'autoroute en faisait un lieu de transit pour les combattants rebelles et les armes. Le succès militaire du régime a permis en outre la reprise d'un trafic normal sur l'autoroute reliant Damas à Homs, la troisième ville du pays plus au nord, a indiqué la télévision d'État.


Des brigades islamistes rebelles ainsi que des jihadistes du Front al-Nosra défendaient depuis des mois la ville de Yabroud, soumise à un pilonnage de l'armée et du Hezbollah, et à des raids aériens aux barils d'explosifs, une pratique dénoncée par l'ONU. Un combattant du Front al-Nosra, lié à el-Qaëda, a confirmé à Reuters que les insurgés avaient préféré se replier face à la supériorité militaire des forces loyalistes. Selon lui, ils ont établi de nouvelles positions dans les villages environnants et n'ont pas l'intention de rallier la ville de Ersal au Liban.

 

(Lire aussi : Le Liban fait face à un nouveau défi : l'afflux de miliciens syriens)


La perte de ce bastion est un coup dur pour la rébellion, gangrenée par les groupes jihadistes, alors que le régime est passé ces derniers mois à l'offensive.
« Cela démontre à nouveau qu'en ce qui concerne les zones stratégiques, l'avantage se trouve actuellement dans le camp du gouvernement », a estimé Charles Lister, chercheur au Brookings Doha Center.

 

Brahimi en Iran
Fort de ses succès sur le terrain, M. Assad, dont la famille tient le pouvoir depuis plus de 40 ans, ne semble aucunement prêt à partir. Le Parlement a voté jeudi une loi ouvrant la voie à sa réélection. À Damas, environ 300 jeunes Syriens, dansant et chantant, ont appelé M. Assad à se porter candidat et célébré la « victoire » de l'armée à Yabroud.
L'organisation de cette présidentielle en plein conflit a été dénoncée par le médiateur international Lakhdar Brahimi, pour qui elle torpille les négociations de paix entre régime et opposition, aujourd'hui suspendues après deux sessions infructueuses à Genève.
M. Brahimi est arrivé hier en Iran, l'un des rares alliés du régime Assad. Au cours de sa visite de trois jours, il doit notamment rencontrer le président Hassan Rohani.

 

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« Nous avons pris le contrôle total de la ville ce matin », a affirmé à l'AFP un officier, soulignant que la bataille avait été particulièrement...
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