Le président Sleiman : « Nous devons tous demander pardon au peuple libanais. » Photo Dalati et Nohra
Le président de la République Michel Sleiman est revenu hier à la charge, quoique implicitement, contre la politique du 8 Mars et en particulier du Hezbollah, auquel il a reproché une fois de plus d'avoir renié son engagement à l'égard de la déclaration de Baabda. Selon lui, l'encre de cette proclamation devrait servir à écrire le texte de la déclaration ministérielle.
M. Sleiman, qui s'exprimait lors d'une manifestation à caractère économique au palais de Baabda, a également critiqué l'inaction du 8 Mars pour faire appliquer les précédentes résolutions du dialogue national.
« Il est aujourd'hui question de la rédaction de la déclaration ministérielle, a notamment déclaré le président Sleiman. J'avais dit il y a près d'une semaine que ce texte devrait être écrit avec l'encre de l'entente nationale, c'est-à-dire la même encre avec laquelle avait été écrite la déclaration de Baabda. Cette salle où nous nous trouvons est précisément celle qui a vu la genèse de la déclaration de Baabda. Ses dispositions sont reproduites à l'entrée de la salle. C'est aussi la salle du 22-Novembre, la salle de l'Indépendance au palais présidentiel. Or la déclaration de Baabda est en harmonie avec le pacte national et l'indépendance », a souligné le chef de l'État.
« Toute cette symbolique est très importante, mais hélas, nous n'avons pas respecté ce sur quoi nous sommes convenus, ni au siège du Parlement, lorsque nous avions créé le comité du dialogue et à l'époque (en 2006) on l'appelait table de dialogue, ni à la présidence de la République, ultérieurement, et cela en dépit de l'importance de ce qui a été convenu », a-t-il rappelé.
« C'est pour cela qu'en tant que responsables libanais, nous devons tous demander pardon au peuple libanais, ce peuple qui applaudissait lorsque nous nous mettions d'accord sur quelque chose, puis nous voyait ne pas mettre en œuvre les résolutions adoptées lors des séances de dialogue », a-t-il dit.
Le président a rappelé que lors des séances tenues au siège du Parlement, « il a été question du Tribunal spécial pour le Liban. Hélas, l'accord sur ce point a été mis en échec et il a fallu recourir à l'étranger pour que l'affaire soit conclue. Mais il ne fallait pas que les choses en arrivent à ce stade. De même, on a parlé du tracé de la frontière et des armes palestiniennes hors des camps, et rien n'a été fait sur ces deux points. Certes, nous ne sommes pas seuls responsables, dans la mesure où des parties tierces (la Syrie, notamment) étaient concernées ». Cependant, a-t-il ajouté à l'adresse évidente du 8 Mars, « nous n'avons pas déployé assez d'efforts auprès des parties sur lesquelles nous pouvions avoir de l'influence. Nous aurions probablement pu les contraindre à se conformer à notre volonté réunie et nous ne l'avons pas fait ».
Et de poursuivre : « Quant à la dernière résolution en date, ce fut la déclaration de Baabda, à propos de laquelle certains (le Hezbollah) ont renié par la suite leur engagement. Cette déclaration a été la cause principale de la formation du Groupe international de soutien au Liban, lequel s'était réuni à New York le 25 septembre dernier, puis de nouveau à Paris le 5 mars. Cette dernière réunion a débouché sur d'importants résultats pour le Liban. Ceux qui ne veulent pas reconnaître l'importance de ces résultats contribuent à la mise en échec des résolutions de ce groupe international. Or le plus important dans ces résolutions est représenté par le fait que la politique libanaise, la structure libanaise et le système libanais ont été adoubés, en plus du soutien à l'économie et à l'armée et l'aide pour subvenir aux besoins des réfugiés syriens. »
« Eh bien non, nous n'étions pas allés en France pour faire la quête, a-t-il lancé. Ceux qui croyaient cela se sont trompés. Mais d'un autre côté, le montant des trois milliards de dollars de donation à l'armée a été alloué dans le cadre des objectifs affichés par le Groupe international de soutien. »
« Il s'agit de l'aide la plus importante octroyée à l'armée depuis l'indépendance, et c'est le fruit des relations bilatérales entre l'Arabie saoudite et le Liban et il bénéficie d'une large couverture internationale en faveur de la fourniture d'armes à la troupe. Plus personne ne peut désormais venir nous dire qu'il ne fournirait pas de missiles sol-air à l'armée afin que ces armes ne tombent pas entre les mains de terroristes ou de milices qui les utiliseraient plus tard contre Israël. Jusqu'ici, tel était le prétexte. À partir de maintenant, il n'est plus de mise », a-t-il souligné.
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AVEC LA "PLUME" ET LA DÉCLARATION DE BAABDA !
21 h 18, le 12 mars 2014