Le clivage qui existait à l'état latent entre le mouvement Amal, d'une part, et le Hezbollah, d'autre part, avant l'enlèvement du lieutenant-colonel William Higgins, s'accentue de jour en jour depuis le rapt de l'officier américain.
Après les accrochages qui ont opposé les miliciens des deux parties, jeudi, dans la région de Nabatiyé, le conflit interchiite a été marqué hier par un nouveau développement, d'ordre politique cette fois : le limogeage de deux hauts responsables d'Amal proches du Hezbollah. L'accroissement de la tension entre les intégristes et les partisans de M. Nabih Berry risque, note-t-on, de torpiller les opérations de recherches visant à retrouver le colonel Higgins. Le mouvement Amal, par la bouche de son responsable au Liban-Sud, Daoud Daoud, a, en effet, réaffirmé hier qu'il préférait « renoncer à instaurer la sécurité au Sud si cela devait entraîner une guerre interchiite ».
Il se confirme ainsi, de sources concordantes, que les dirigeants des deux camps en présence sont déterminés à éviter une confrontation militaire généralisée dans les circonstances présentes. Le conflit pourrait, par conséquent, se limiter pour l'instant aux campagnes d'information et à la « guerre froide » politique. C'est sans doute dans ce contexte qu'il faudrait inscrire la décision du commandement d'Amal de démettre de leurs fonctions M. Moustapha Dirani, chef des services de sécurité du mouvement, et cheikh Adib Haidar, responsable des affaires culturelles, tous deux considérés comme les principaux chefs de file du courant intégriste pro-iranien au sein d'Amal (...).


Est-ce 1988 ou 2014 ?
09 h 20, le 27 février 2014