Conflit

« Ce ne sont pas des mots qui nourriront les Syriens »

Damas prêt à favoriser un accès humanitaire si sa souveraineté est respectée ; sans sanctions, les militants sont sceptiques.

Une vue générale d’Alep après un raid aérien du régime, qui a fait au moins quatre morts, dont deux enfants selon l’OSDH. Hosam Katan/Reuters

Damas s'est dit prêt hier à coopérer à la mise en œuvre d'une résolution de l'ONU sur l'accès humanitaire si sa souveraineté est respectée, militants et ONG exprimant de leur côté leur scepticisme, aucune sanction n'étant prévue en cas de non-application.
Cette résolution non contraignante a été adoptée la veille par le Conseil de sécurité à une rare unanimité, la Russie, fidèle alliée du régime de Bachar el-Assad, ayant finalement accepté de voter une version amendée du texte, après avoir fait planer la menace d'un veto. La résolution 2139 appelle toutes les parties au conflit à lever immédiatement les sièges des zones peuplées et réclame la fin des attaques contre les civils. En outre, elle « exige que toutes les parties, et en particulier les autorités syriennes, autorisent sans délai un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave ».
Ainsi, hier, le ministère syrien des Affaires étrangères Walid Moallem s'est dit « prêt à coopérer avec le représentant de l'ONU (en Syrie) et les organisations humanitaires internationales afin de (trouver) les mécanismes garantissant l'application de la résolution ». Il a néanmoins mis en garde, soulignant que sa mise en œuvre devait se faire dans « le respect de la souveraineté nationale, du rôle de l'État et des principes de neutralité et d'honnêteté ». Damas a par ailleurs estimé nécessaire que « les causes de la crise humanitaire » soient traitées, dénonçant « le terrorisme soutenu par l'étranger ». À cet égard, il s'est félicité que la résolution « condamne fermement les attaques terroristes menées par des organisations liées à el-Qaëda ».

« Des actes, pas des mots »
Sur le terrain, les militants exprimaient pour leur part leur scepticisme quant à une mise en œuvre de la résolution, le texte – âprement négocié par Moscou – ne prévoyant pas de sanctions automatiques en cas de non-respect. La résolution laisse ouverte la possibilité d'agir ultérieurement, mais il faudra alors une nouvelle décision du Conseil, que bloquerait à coup sûr la Russie. Nadim Houry, de l'organisation Human Rights Watch, a jugé de son côté que si cette résolution constituait « une avancée politique », « ce ne sont pas des mots qui nourriront les Syriens » privés de vivres. Sans la menace de sanctions, « il revient aux alliés de la Syrie, en particulier la Russie et l'Iran, de s'assurer que le gouvernement syrien (...) cesse d'affamer les gens, comme arme de guerre ».
Hier, les violences ont encore fait des dizaines de victimes. Un adolescent et un médecin travaillant avec les groupes rebelles ont été tués et plusieurs autres ont été blessés dans un attentat à la voiture piégée contre l'hôpital Orient à la frontière syro-turque, près de la ville d'Atmé tenue par les rebelles, a indiqué l'OSDH.
Parallèlement, un compagnon de route du chef d'el-Qaëda, Ayman al-Zawahiri, et d'Oussama ben Laden a péri dans un attentat-suicide à Alep, selon cette ONG, qui a attribué ces deux attaques à l'État islamique en Irak et au Levant (Daech), un groupe jihadiste rival.
Ailleurs, dans le pays dévasté par la guerre, l'aviation du régime a continué de mener des raids contre les régions tenues par les rebelles comme à Deir ez-Zor, a indiqué l'OSDH. Sur le terrain, sept rebelles ont été tués lors de combats contre les forces du régime près de l'aéroport militaire de Deir ez-Zor, selon l'OSDH.
Ces attaques interviennent au lendemain d'un raid aérien visant Cheikh Issa dans la province d'Alep, qui a fait au moins quatre morts, dont deux enfants, ajoute l'OSDH. À Damas, deux obus de mortier ont touché la place des Abbassides, sans faire de victimes, a ajouté l'ONG qui s'appuie sur un large réseau de médecins et de militants. Selon un récent bilan de l'OSDH, plus de 140 000 personnes ont été tuées en Syrie en presque trois ans d'un conflit complexe et dévastateur qui a en outre poussé des millions de Syriens à fuir leur foyer.
Par ailleurs, l'écrivain et journaliste syrien Akram Bounni a été arrêté samedi à Damas par les services de sécurité syriens, a indiqué son frère l'avocat des droits de l'homme Anouar Bounni. L'avocat affirme ignorer les raisons de l'arrestation d'Akram Bounni, qui avait déjà été détenu à plusieurs reprises.

(Source : AFP)


Damas s'est dit prêt hier à coopérer à la mise en œuvre d'une résolution de l'ONU sur l'accès humanitaire si sa souveraineté est respectée, militants et ONG exprimant de leur côté leur scepticisme, aucune sanction n'étant prévue en cas de non-application.
Cette résolution non contraignante a été adoptée la veille par le Conseil de sécurité à une rare unanimité, la...

commentaires (1)

Akram Bounni arrêté....à nouveau !L'opposition "laïque " syrienne se réduit comme peu de chagrin sous l'effet conjugué des coups du régime et des islamistes de tous poils. Pour la Syrie, ce n'est même plus le grand sut dans l'inconnu, c'est carrément le grand bon en arrière. Et vous savez quoi? j'ai bien l'impression que le monde entier s'en tape le coquillard.70 morts en Ukraine,et voilà le ban et l'arrière ban de la diplomatie européenne au chevet de Kiev....des centaines de milliers de morts entre Syrie et Irak,et ....et rien ,en fait.Etonnant,non?

GEDEON Christian

10 h 15, le 24 février 2014

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Commentaires (1)

  • Akram Bounni arrêté....à nouveau !L'opposition "laïque " syrienne se réduit comme peu de chagrin sous l'effet conjugué des coups du régime et des islamistes de tous poils. Pour la Syrie, ce n'est même plus le grand sut dans l'inconnu, c'est carrément le grand bon en arrière. Et vous savez quoi? j'ai bien l'impression que le monde entier s'en tape le coquillard.70 morts en Ukraine,et voilà le ban et l'arrière ban de la diplomatie européenne au chevet de Kiev....des centaines de milliers de morts entre Syrie et Irak,et ....et rien ,en fait.Etonnant,non?

    GEDEON Christian

    10 h 15, le 24 février 2014