Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Atta Kenare/AFP
L'Iran et les pays occidentaux doivent retrouver « une relation de confiance » grâce à un accord sur le programme nucléaire controversé iranien, a affirmé hier le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders en visite à Téhéran, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. « Dans les négociations, nous cherchons à enlever toute excuse pour les sanctions afin de créer les conditions pour des investissements étrangers (...). Nos amis européens doivent savoir qu'il existe une situation stable pour investir en Iran », a renchéri pour sa part M. Zarif.
M. Reynders, troisième ministre des Affaires étrangères d'un pays européen à se rendre à Téhéran après ses homologues italien et suédois, a également rencontré le président Hassan Rohani dans la matinée.
M. Reynders a notamment affirmé que l'Iran, principal allié régional du régime syrien, devait participer « à la recherche d'une solution politique en Syrie » et jouer son rôle régional, notamment dans la lutte contre le trafic de drogue depuis l'Afghanistan. Le chef de la diplomatie belge a également souhaité un dialogue entre l'Iran et l'Union européenne « sur la situation des droits de l'homme, la peine de mort, la liberté d'expression ou encore les droits de la femme ». Il a fait état d'une possible visite en Iran de Stravros Lambrinidis, représentant spécial de l'UE pour les Droits de l'homme.
L'Iran et les pays du groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) ont repris leurs négociations en vue d'un accord global sur le dossier nucléaire et la levée des sanctions économiques internationales contre Téhéran, franchissant jeudi dernier une nouvelle étape en s'accordant sur un « cadre » des négociations futures, qui s'annoncent néanmoins longues et difficiles.
Les experts techniques d'Iran et des grandes puissances du groupe 5+1 vont d'ailleurs commencer leurs discussions début mars à Vienne en marge de la réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), selon le négociateur iranien Abbas Araghchi. « L'enrichissement d'uranium, la levée des sanctions et la coopération nucléaire internationale seront à l'ordre du jour de ces négociations techniques et seront ensuite examinées lors de la réunion principale » le 17 mars, qui réunira les responsables politiques de différentes parties, a-t-il ajouté.
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, en contact avec Téhéran au nom du groupe 5+1, se rendra auparavant à Téhéran.
« Vous n'êtes pas seuls »
De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est dit hier « inquiet » de la tournure des négociations sur le nucléaire iranien, à la veille d'une visite de la chancelière allemande Angela Merkel. « L'Iran obtient tout et ne donne pratiquement rien (...). Je considère avec inquiétude le fait que l'Iran croit pouvoir mener à bien son plan pour devenir un pays proche du seuil nucléaire », a affirmé M. Netanyahu dont les propos lors du Conseil des ministres hebdomadaire ont été diffusés par la radio militaire. « Il ne faut pas que l'accord final (entre l'Iran et les grandes puissances) entérine cette situation », a ajouté le Premier ministre. M. Netanyahu a précisé que le dossier nucléaire iranien et les négociations avec les Palestiniens seront évoqués avec la chancelière allemande.
De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a publié une tribune libre dans le quotidien Yediot Aharonot intitulé « Vous (les Israéliens) n'êtes pas seuls. » « Notre objectif est clair : il faut empêcher l'Iran de se doter d'armes nucléaires », écrit le ministre allemand.
(Source : AFP)

