Onze émigrés libanais sont revenus à Beyrouth par le « Champollion », n'ayant pas été acceptés à Cherbourg par la Compagnie de navigation.
L'un d'eux, Iskandar Abdalla Nardine, interrogé par notre informateur, a déclaré qu'ayant quitté Beyrouth en bonne santé, il avait été examiné à Marseille par le médecin des émigrants. Au cours de la consultation, il fut trouvé que l'état de ses yeux nécessitait un traitement de trois semaines. Même diagnostic et mêmes prescriptions pour dix de ses compagnons. Après avoir passé 25 jours à Marseille, en traitement, les 11 émigrants, pourvus de certificats attestant leur guérison, se rendirent à Cherbourg pour s'embarquer à destination du Brésil.
Malgré les certificats médicaux qu'ils présentaient, le médecin de bord refusa de les admettre à embarquer et ils furent refoulés sur Marseille. Là, après de longues discussions avec l'agent de la Société maritime hollandaise qui devait assurer leur transport, ils obtinrent d'être rapatriés par le « Champollion ».
Sur l'intervention de M. Gabriel Menassa, la Société maritime dut rembourser le prix des billets de passage.
À noter que ces émigrants avaient été embarqués la première fois par les soins d'un courtier, nommé Arabi, qui avait exigé d'eux 60 livres or et avait réglé 45 livres à la Compagnie, conservant pour lui 15 livres or à titre de commission.
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